De Farafangana la ville nouvelle à Sainte-Marie la belle ile

Publié le par Alain GYRE

De Farafangana la ville nouvelle à Sainte-Marie la belle ile

21.10.2016 Notes du passé N°2275

Ambahy. C’est l’ancien nom porté par Farafangana, ville côtière du Sud-est et la population locale continue d’ailleurs de lui donner cette appellation qui signifie « le lieu où l’on trouve des lianes ». Ambahibe, l’un de premiers quartiers de la ville, est aussi dénommé Ambahisosotra, « aux lianes entrelacées ». Quant à l’actuel nom, Farafan­gana, il aurait été donné par les Betsileo- d’aucuns disent les Bara- venus vendre des denrées à Ambahy, localité où ils se croient arriver au bout du monde, en tout cas à la fin de leur voyage « Fara-fiengana ».

Vers la moitié du XXe siècle, il n’est pas encore permis de savoir la date approximative de l’installation des premiers habitants de la ville. La légende n’en parle pas et selon certains auteurs, « les écrits tenus par quelques autochtones sont déclarés égarés ou détruits lors d’un incendie ».

Toutefois, ils supposent que cette installation remonte à un certain nombre d’années avant 1865. Des renseignements recueillis sur place, en 1931, indiquent : « Vers 1865, les officiers hova des postes de Mahamanina et d’Ankarana reçurent du gouvernement royal l’ordre de désigner chacun  quelques soldats à placer à Ambahy, pour la raison que des Vazaha devaient s’y établir pour faire du commerce et qu’il fallait prélever les droits de douane sur les marchandises importées. »

Un des premiers colons connus, Paul Desjardins, venu de l’ile Maurice, est installé à Farafangana vers 1860. Sa fille Armel, née dans la ville vers 1870, décède en 1944. On suppose également que la population de la ville est, à cette époque, très réduite. Des habitants de la campagne sont, en effet, désignés sur ordre des officiers hova pour habiter la localité dès l’installation de la garnison sur le plateau située à l’ouest du village d’Amboanio, plus tard, au lieu où se trouve la résidence du chef du district.

D’autres « éléments errants » viennent grossir le premier noyau, attirés par le travail salarié offert par les premiers commerçants vazaha. La Mission protestante de Londres vient s’installer à Farafangana en 1865, à l’époque du transfert de la garnison merina d’Amboanio au quartier d’Ambahy.

Farafangana est située au bord de la mer, à l’embouchure des rivières Manambato et Manam­patrana. La municipalité se crée en 1951 et sa première activité est de mener à bonne fin l’électrification de la ville, la construction d’une Tranompokonolona et d’une piscine. Parallèlement, se poursuivent les constructions d’une école primaire élémentaire, du logement du directeur de l’école européenne, tandis que commencent les travaux de construction d’un abattoir et le goudronnage des rues. Et bien que gênée par l’obstruction progressive de sa passe, Farafangana se développe sans cesse grâce aux exportations du café produit par les régions environnantes.

Beaucoup plus au nord-est de Farafangana, se trouve  Sainte-Marie ou l’ile d’Abraham. Son histoire très connue, peut se résumer par quelques dates.

En 1642, prise de possession de l’ile par Pronis au nom du roi de France. Abandonnée en même temps que le Fort Dauphin en 1674, l’ile de Sainte-Marie devient alors le repaire des pirates (1680-1730 environ). L’ile voisine des Forbans perpétue leur souvenir. Puis c’est l’acte de cession du 30 juillet 1750, consentie par la reine Bety, vraisemblablement sous l’influence du caporal La Bigorne. Le 15 octobre 1818, Sylvain Roux reprend possession de l’ile.

On affirme également que les souvenirs de l’histoire sont inscrits dans le sol saint-marien. Ainsi, en 1753, se crée le Fort de la Compagnie des Indes ; 1823, érection de la tombe de Sylvain Roux ; 1826, épitaphe de François Albrand ; 1845, monument Hic Capita Jacent ; 1867, tombeau de la vieille église de Jean-Pierre Dalmond, premier préfet apostolique de Madagascar. En 1893, érection du monument en mémoire des naufragés du croiseur La Bourdonnais et construction des tombes du très ancien cimetière Saint-Pierre. Et la stèle du Bicentenaire est élevée en 1950.

Mais « Sainte-Marie ne veut pas être seulement une terre de souvenirs et accepter la condamnation dont certains veulent l’accabler. Elle prépare au contraire sa modernisation et elle affirme sa volonté de vivre». L’importance politique de l’ile ne doit pas faire oublier son intérêt économique et touristique, son intérêt stratégique et historique « en raison de son passé et sans doute, de l’avenir ».

 

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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