Exploitation de saphir dans l’Alaotra: Ça va très mal pour l’environnement

Publié le par Alain GYRE

Exploitation de saphir dans l’Alaotra: Ça va très mal pour l’environnement

 

La nouvelle carrière de saphir dans la commune rurale d’Antsevabe dans la région de l’Alaotra attire de plus en plus d’exploiteurs. Découverte il y a environ un mois, cette carrière a fait plus d’une dizaine de milliardaires depuis que les premiers exploiteurs ont commencé à retourner les premières mottes de terre.

Cette  nouvelle carrière est libre d’accès à cause de son emplacement en dehors de la zone protégée de Zahamena qui n’est pourtant qu’à quelques centaines de mètre de la zone d’exploitation.   Des gens venus des 4 coins de la grande île courent vers Ambatondrazaka pour tenter leurs chances. Les déplacements en masse continuent et cela affecte le cours de la vie de la population d’Ambatondrazaka en général. Le frais de transport Antananarivo Ambatondrazaka à augmenter de 5.000 ariary soit 25.000 ariary contre 20.000 ariary il y a un mois. La population locale est le plus affecté par cette augmentation car ils sont obligés de faire le voyage. Dans la région, tout ne va plus. Les rues sont bondées de démarcheurs et de businessman. L’insécurité règne dans la ville d’Ambatondrazaka et le prix des marchandises dans les épiceries, notamment les PPN, ont augmenté de presque deux fois par rappot à la normale. Les déchets s’entassent et les routes, fraîchement renouvelées, commencent à se détériorer.

C’est l’anarchie totale dans la ville d’Ambatondrazaka. Les étrangers louent illégalement les maisons pour en faire leur petite banque et bureau d’achat des pierres précieuses. Cependant, ces innombrables infractions ne sont rien face à l’état de l’environnement sur la zone d’exploitation.

Effectivement, la forêt sur laquelle on trouve les pierres est détruite. Les exploiteurs travaillent cette zone comme des termites qui construisent leurs habitations, sauf que contrairement aux insectes, ces gens détruisent la zone pour leur bien personnel et non pour le bien de la communauté. Sur place, Il n’y a plus de point d’eau potable. Pour se désaltérer ou pour cuire de la nourriture, soit on achète de l’eau minérale à 5.000 ariary le litre, soit on utilise l’eau stagnante qui sert également de zone d’aisance. Et la majorité des gens optent pour le deuxième choix. Plusieurs personnes sont décédées en pleine exploitation à cause des maladies attrapées  sur places et à causer des accidents liés à l’exploitation, notamment la chute des arbres abattus et le glissement de terrain. La forêt dense d’il y a un mois n’existe plus. Les arbres disparaissent à une vitesse ahurissante. Les exploiteurs laissent derrière eux un désert vide et accidenté présentant d’énormes risques d’accident à cause des trous. Ils avancent très rapidement vers la réserve de Zahamena et ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’ils y pénètrent.

Beaucoup de gens sont contre cette exploitation et lancent des pétitions sur les réseaux sociaux pour inciter les responsables et les citoyens à prendre leurs responsabilités mais leur nombre est considérablement inférieur à celui de ceux qui sont pour l’exploitation. D’après ces derniers

« on ne devrait pas interdire l’exploitation de saphir par les malgaches à Antsevabe car on laisse très bien les chinois exploiter partout à Madagascar. Antsevabe n’est qu’une infime partie de la surface exploitée illégalement par les étrangers. Si nous sortons environs 5 grammes de pierres par heure, les étrangers en sortent des tonnes. ». Et d’un côté, ils ont raison car effectivement, ce fut une énorme erreur de laisser les étrangers exploiter illicitement les richesses de Madagascar car cela a très vite propagé l’image m’en-foutiste de ce régime. Du coup, les gens ont compris qu’avec Rajaonarimampianina, tout est permis, notamment quand il s’agit de détruire, de voler et de tout donner aux étrangers.

L’interdiction totale de l’exploitation ne serait pas la solution idéale pour sauvegarder ce qui reste de l’environnement, mais une réglementation serait de rigueur. L’instauration de conditions pourrait conduire à la normalisation, voire même la formalisation de cette carrière et pourrait contribuer à la protection de la réserve naturelle de Zahamena. En attendant, des dizaines d’arbres tombent à chaque seconde et c’est la triste réalité.

Berado

http://www.lagazette-dgi.com/

Publié dans Environnement, Saphir

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