Havoria : La fête au village

Publié le par Alain GYRE

Havoria : La fête au village

12 octobre 2016 - Traditions 

Issu du mot « vory » qui signifie réunir, le havoria est une tradition des tribus Mahafaly et Antandroy du Sud marquant les grands événements de la vie. Que ce soit pour une circoncision collective ou des funérailles, son rituel est impeccablement réglé.

 

Le havoria est une tradition ancrée dans les rituels du Sud, aussi bien dans les événements heureux comme le savatse (circoncision), le bilo ou sandratse (fête de remerciement à Dieu), le orik’hazomanga (nomination d’un nouveau chef du village), que malheureux comme les enterrements. « Le principe est le même pour tous les rituels du havoria, on passe par trois étapes avant d’arriver à l’événement pour lequel il a été organisé », explique l’historien Fanirisoa Zo Eric.

Prenons le cas d’une circoncision collective des enfants d’un village. La première étape du havoria est le milahatse (réunion de concertation) qui consiste à réunir les membres des familles dont les enfants vont être circoncis. Pendant ce temps, les garçons sont amenés au hazomanga, le bois sacré des ancêtres. La famille va alors rencontrer le mpitak’hazomanga ou mpisorona, l’aîné du village, afin de demander sa bénédiction pour la tenue du savatse. C’est là seulement que commencent les préparatifs qui durent à peu près trois semaines.

Vient la deuxième étape. Durant la première semaine, les organisateurs procèdent à l’orik’andro (calendrier lunaire) qui consiste à aller voir un mpanandro (devin) qui va désigner la meilleure période pour la tenue de l’événement. « Le mpanandro indique les jours favorables en tenant compte du déroulement du mois lunaire malgache qui contient 28 jours affiliés à 28 destins. Il se base sur le destin qui correspond au jour de la naissance des enfants concernés. »

Troisième étape, le vara ou talily. C’est le moment propice pour annoncer l’événement à tous les villageois. « Quand on utilise le terme de vara, cela signifie que les invités doivent apporter du zébu. On parle alors de enga (don). Mais si les organisateurs emploient le terme de talily, il faudra amener de l’argent », commentel’historien.

Le savatse dure environ une semaine et se tient au mois de décembre. Les invités sont accueillis par un famaha (grand festin), avec le sairy (orchestre) et bien sûr des litres de toaka gasy (rhum artisanal). Quand le jour de la circoncision arrive, on présente les enfants devant le hazomanga. On souffle dans l’antsiva, une sorte de conque, pour appeler tous les renilahy (oncles maternels) qui doivent amener chacun un zébu et du bois de katrafay, réputé solide. Puis c’est le moment du Jihe, une sorte de chant et de danse au rythme un peu militaire. « Le moment de la circoncision venu, ils plantent le katrafay près du hazomanga pour y attacher les zébus. On prend du tantely (miel) et du vonemba (grain), puis on les fait manger aux enfants à circoncire. S’ils vomissent, leur oncle maternel doit racheter un zébu. » Ce rituel consiste à tester la force du petit garçon dont le courage va bientôt être mis à l’épreuve…

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