Notes du passé: Petites anecdotes sous Andrianampoinimerina

Publié le par Alain GYRE

Petites anecdotes sous Andrianampoinimerina

11.11.2016 Notes du passé

 

En succédant à son père, roi d’Ambohidratrimo, Rabehety comme tout nouveau souverain qui se respecte, prend le nom d’Andriatomponimerimanandimby, un nom qui va lui causer beaucoup de problèmes.

Cela a, en effet, le don d’irriter au plus haut point son belliqueux voisin d’Ambohi­manga qui y voit un affront dirigé contre sa personne. Il faut aussi dire que la tradition affirme que Rabehety choisit sciemment ce nom pour défier justement Ramboasalama qui, lui, prend le nom d’Andrianampoinimerina.

Dans sa colère, celui-ci le traite de vantard. « Pour ce titre immérité, je vous dépouillerai de tous vos biens. »

Pourtant, cela ne s’arrête pas là, car le roi d’Ambohimanga se rappelle toutes les causes de conflit entre eux. Ainsi, il lui lance cette phrase acerbe: « Vous complotez, Andrianamboatsimarofy (roi d’Antananarivo) et vous contre moi, alors que je respecte notre pacte » (conclu au sud d’Ambatobe).

Ce qu’Andrianampoinimerina ne peut déjà pas souffrir. Mais ce qu’il refuse surtout, c’est la « trahison » par la transgression de l’accord passé jadis entre leurs deux aïeules, Ramorabe et Ramanandrianjaka.

« Vous voulez me défier et me fouler au pied. Je vous accuse d’avoir trahi les paroles de Ramorabe, je vous tiens comme méritant la malédiction de Ramorabe. Aussi vous aurais-je, tôt ou tard, et je vous aurai rien que pour cette trahison! »

Cela se termine évidemment par l’extension du royaume d’Andrianampoinimerina par Ambohidratrimo. D’ailleurs, par des agrandissements successifs faits sous son règne, le royaume merina dépasse de quatre à cinq fois en étendue l’Imerina du temps de son trisaïeul, Andriamasinavalona.

Ainsi, une fois maître de tout l’Imerina et puissamment aidé par ses vaincus d’hier- les vaillants Antehiroka et les intrépides Manisotra, sans oublier les durs-à-cuire Tantsaha- Andrianampoinimerina doit entreprendre deux grandes campagnes au bout desquelles il soumet tout le Vakinankaratra qu’il confie à des vassaux et à des « vadintany » (commissaires royaux). Ils ont pour mission d’étendre la domination merina sur tout le pays betsileo, c’est-à-dire vers le Sud.

Pendant les dernières années de sa vie, il tente de gagner par voie diplomatique les Sakalava de l’Ouest (Menabe) et du Nord-Ouest (Boina). Cela ne se réalisera que sous son fils et successeur Radama Ier.

Ce dernier, on se souvient, après ses premières campagnes, est accueilli avec honneur par son père et le peuple à Andohalo. Ses frères aînés comprennent alors qu’il est l’héritier du trône choisi par leur père même si celui-ci ne le dit pas ouvertement.Ce que confirme le conseiller Hagamainty qui leur déclare: « Andrianampoinimerina a choisi son successeur. Dorénavant, restez tranquilles là où il vous a installés. »

À ces mots, ils réagissent différemment. Les uns s’insurgent, accusant leur père de favoritisme. D’autres, au contraire, acceptent sans rechigner allant jusqu’à remercier Hagamainty pour son sage conseil. Aux premiers, celui-ci rétorque: « C’est fait puisqu’il le montre au peuple. »

Le roi ne fait pas que montrer Laidama. Il le place à sa droite et le bénit publiquement en disant: « J’ai un bon héritier. » Puis il entraîne son fils au Rova, dans le palais Tsarahafatra où il lui dispense maints conseils.

De son côté, Hagamainty réunit les épouses du souverain pour leur annoncer que celui-ci a choisi l’héritier du trône. Certaines, notamment Ramanantenasoa, mère de Ramavolahy, fils aîné à qui aurait dû revenir légitimement le trône, s’emporte « parce qu’il n’a pas demandé notre avis ».

C’est de là, dit-on, qu’est né dans le cœur de Ramanantenasoa et de son fils Ramavolahy la jalousie, et dans leur esprit la tentative d’assassinat de Laidama, puis du monarque dans ses vieux jours.

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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