Autour de la tresse traditionnelle malgache et ses significations

Publié le par Alain GYRE

Autour de la tresse traditionnelle malgache et ses significations

 Rédaction Midi Madagasikara 30 novembre 2016

 

L’art de la coiffure, création esthétique, fruit de la coquetterie qui peut se rencontrer dans un sexe comme dans l’autre, a pour but de séduire et de conquérir. Dans les anciennes coutumes malgaches, il était l’apanage autant des hommes que des femmes. Chez les uns comme chez les autres, l’arrangement des chevelures présentait une gamme de variétés étonnante et chacun mettait son orgueil dans leur présentation artistique. Plus qu’un truc esthétique, la manière dont se tressait une personne permettait de définir son origine, son âge et même sa classe sociale. Zoom donc sur les différentes tresses.

La tresse au féminin. Saviez-vous qu’autrefois et même jusqu’à aujourd’hui dans certaines régions de Madagascar, toutes les femmes d’une même famille étaient toutes coiffées de la même manière : en « difisesy » ou « randra-madinika » pendant une cérémonie de circoncision ? Que les petites filles portaient des « lambomiditra », les adolescentes et les femmes le « tana ivoho » et que les veuves devaient obligatoirement porter le « bango tokana » ? 

La tresse… au masculin. Bien avant la guerre de 1914, les Merina du sexe masculin avaient totalement abandonné les anciens modes de coiffure (nous reviendrons plus loin sur ce sujet) ; il en était de même pour la plupart des Betsileo, mais ceux des autres groupes ethniques restaient fidèles aux habitudes anciennes et on pouvait plus d’une fois, sans grand risque d’erreur, déterminer la tribu à laquelle ils appartenaient, en se basant sur la seule coiffure.

Pour les Betsimisaraka du Nord, l’amiral Van Neck écrit en 1609 : « Les hommes… portent les cheveux, les uns en petit nombre (ceux qui étaient en deuil) épars, d’autres tressés en une foule de petites nattes, et d’autres en forme de deux cornes tombants  ».

En 1625, Bontekoe signale, au sujet des habitants de la baie de Sainte-Luce (Antanosy), que «quelques-uns ont les cheveux longs, d’autres les ont frisés comme la laine des moutons ; les femmes les portent attachés sur leur tête par petites tresses et elles les graissent avec de l’huile, ce qui fait qu’ils reluisent au soleil. La plupart des hommes en usent de la même façon ».

Sur les Antanosy, Flacourt écrit : « Leurs cheveux, aux Grands et aux Rohandrians, sont longs et droits, qu’ils nomment tsonsavoulou (tsotsa volo) et ils ne les tressent jamais mais seulement les huilent et, avec de la cire, les empèsent d’une façon assez bizarre, en les réduisant en forme de couronne. Les nègres (les indigènes) les tressent assez proprement. Il est difficile de distinguer par la tête un homme d’avec une femme, car les hommes portent et accommodent leurs cheveux ainsi que les femmes ».

Période de deuil. Pour les Merina,  la coiffure traditionnelle masculine ne fut plus qu’un souvenir, à partir de la mort de la reine Rasoherina (1868) et celles des soldats vit disparaître le « cimier » transversal. Celle des femmes, de leur côté, se modifiait et le « tana ivoho », qui est encore à l’honneur, faisait son apparition. Pour les périodes de deuil royal, la coutume exigeait pour toute la population le sacrifice total de la chevelure. Les hommes comme les femmes se rasaient le crâne, à l’exception du roi ou de la reine appelé à succéder et de quelques rares personnes de leur entourage. Cette coupe, très stricte, se renouvelait plusieurs fois pendant la durée du deuil, qui pouvait atteindre une année. Pour la mort de Radama Ier, elle eut lieu à trois reprises.

Quelques croyances anciennes autour des tresses

Il ne fallait pas se tresser les cheveux la nuit, sous peine de mourir avant l’âge.

Se couper les cheveux le jour anniversaire de sa naissance rendait maladif.

Couper les cheveux d’un malade raccourcissait ses jours.

On ne devait pas remercier la femme qui vous avait coiffé sous peine de devenir chauve.

Diviser ses cheveux en six ou huit tresses est un « fady ».

Compter les tresses d’une personne risquait de la rendre chauve.

La calvitie était parfois considérée comme provenant du coup de langue d’un revenant.

Coiffure de fêtes : « kifitoanila, kiarivofahitsa, kisaronkisiny, vonkavia, Kifapahonotsy, tanavoa, somala, rongo mitrantrana, vodiketsa »

Coiffure de deuil : « kisotry, kiambaramaina »

Coiffure quotidienne (jours ordinaires) : « bango, kipeteka, kiteloanila »

Coiffure des hommes : « kilavoahibary, tavaradrano, rasaraka, tadimbitana »

Coiffure des femmes : « randrampanety » (fantaisie), « kihohoka » (renversée), « kisavokisiny » (rond), « bango » « anakova » (spécial enfant et noble), « tototsongo sy songomandady » (petites touffes alignées et rampantes), « kivona » (nœud simple), « vombory » (nœud arrondi), « vonkavia » (nœud à gauche), « randrakiary », « valala mihoatra, tsy fanendrika, randraketsa, rongo mandady, divy sesy »

Tresses pendantes : « kihefaka, kitokandalana, kitanala, tavaradrano, kisahondra,

Kiarivofahitsa, kirozaroza ».

Les tresses selon l’ethnie

Antaimoro : « ny lafitri-akondro, ny telo ankila, ny tsitombotomboka, vakimanasa »

Imerina : « bango an-katoka, difisesy, kirozaroza, lakolosy, lambomiditra, randramadinika,tanaivoho ».

Betsileo : « Bango, bango anakova, bango tsotra, kiary, kifetriposa, kifehaka, kihohoka, kilafitsotsy, kilavoahibary kipetaka, kirazorazo, kisabo kisiny, kisahondra, kitelo, kidimy, kifito, kifolo an’ila, kitokandalana, kivona, randrana tsotra, randranketsa, rasaraka, tadim-pitana, tototsongo, valala mihoatra, vombory vonkavia, volo miramaha ».

Dossier réalisé par Mahetsaka

http://www.midi-madagasikara.mg/

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Publié dans Culture, Coutumes, Coiffure

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