Notes du passé: Les Légionnaires pour l’union des citoyens français

Publié le par Alain GYRE

Les Légionnaires pour l’union des citoyens français

12.12.2016 Notes du passé

 

En 1941, le maréchal Pétain, président du Directoire national de la Légion française des combattants, nomme le lieutenant-colonel de réserve Forgeot et l’ancien capitaine de corvette de réserve, le père Poisson, respectivement président et vice-président de l’Union locale de la Légion française des combattants.

Le 30 mars, les anciens combattants se réunissent à Antananarivo en vue de l’élection des membres du comité régional. Avant le vote, le colonel Forgeot tient à préciser qu’il place « cette assemblée sous le signe de l’union qui nous est réclamée instamment par le maréchal Pétain ». Et de livrer à l’assistance une de ses dernières allocutions : « Je désire l’union de tous les cœurs, pas d’exclusives, les rancunes sont mortes avec un passé révolu ; il ne faut pas entretenir des haines périmées, mais pratiquer une politique d’apaisement. »

Le colonel Forgeot renforce ces propos: « Si vous coudoyez un camarade que vous auriez regardé de travers il y a quelque temps, parce que ses opinions sont différentes des vôtres, vous le traiterez aujourd’hui comme quand il était votre voisin de créneau dans les tranchées. » Il insiste sur le fait que la légion n’est pas le fief d’un parti, elle est ouverte à « tous les combattants de bonne volonté, fermement décidés à rester français».

Le lieutenant-colonel Forgeot nomme à son tour, parmi les membres de l’Union régionale d’Antananarivo de la Légion française des combattants, le père Labrousse et Assolant comme président et vice-président.

Le 6 avril à 8h15, se déroule à Antanana­rivo, en présence du gouverneur général Yves-Léon Cayla et du général Guillemet, une prise d’armes des troupes de la garnison à l’occasion de la prestation de serment de l’Union régionale des légionnaires. Le premier met surtout en exergue l’attachement indéfectible à l’idéal de la légion française qu’ils affichent. « Pour consacrer ce serment solennel, je remets entre vos mains, avec joie et fierté, le drapeau qui, désormais, groupera sous ses plis tous les légionnaires de Madagascar. Il symbolise l’ardente volonté de la Légion de se donner de toutes ses forces à l’œuvre de rénovation nationale entreprise et poursuivie par son chef illustre et vénéré, le maréchal Pétain, deux fois sauveur de la France. »

Le gouverneur général Cayla conclut en rappelant que la mission sacrée des légionnaires est de veiller sur les destinées du pays et en leur souhaitant de rester unis autour de leur drapeau dans l’ordre et la discipline.

À son tour, le colonel Forgeot prend la parole pour rappeler l’œuvre accomplie par le président du Directoire national de la Légion française. Les légionnaires « profondément reconnaissantes à l’illustre Soldat, sont fermement décidés à l’aider de toutes leurs forces dans la rude tâche qu’il s’est imposée et se donnent de toute leur âme à la cause sacrée qu’il défend et dont dépend le salut de la France ».

Après que le drapeau se déploie, entouré de sa garde d’honneur, et que les légionnaires chantent « La Marseillaise », se déroule le défilé des troupes de la garnison et de la garde indigène, suivies des scouts de France, des éclaireuses unionistes et des sociétés de gymnastique.

Tout cela se passe devant une foule très dense qui envahit les tribunes et leurs abords pour « communier dans une même foi patriotique avec ceux qui sont à l’honneur ». D’après un chroniqueur présent à Mahamasina, tous se rappellent à cet instant les « belles paroles » dites aux anciens combattants de la Métropole par le général Lauré, secrétaire du maréchal Pétain.

«…  Faites passer dans le sang de vos enfants votre volonté de restauration morale et sociale de la France et de son empire. Tenez-les prêts à prendre l’outil et la charrue quand ils tomberont de vos mains épuisées par la fatigue ou par l’âge. Mais pour vous comme pour le Maréchal, cette heure du repos n’a point sonné. Dans le pays tout entier, vous resterez sur la brèche pour réparer ses ruines. Légionnaires, conscients de votre force de redressement national, servez-vous de cette force dans l’esprit de discipline et d’union que le Maréchal nous recommande, et que partout où vous apparaîtrez, s’élève cette clameur : Salut à la Légion et vive la France de demain ! »

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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