Orik’hazomanga : Oui chef, bien chef !

Publié le par Alain GYRE

Orik’hazomanga : Oui chef, bien chef !

15 novembre 2016

L’« orik’hazomanga », rituel d’élection du nouveau chef du village, reste une pratique bien ancrée dans la tradition atandroy et mahafaly. L’aîné du village étant vénéré par les villageois, son couronnement est un événement à la fois emblématique et festif.

 

L’orik’hazomanga consiste à élire le nouveau mpitak’hazomanga, littéralement « celui qui détient le poteau sacré », et considéré comme le chef du village. « Orika » signifie fondement et « hazomanga » fait référence au poteau sacré. « Chaque village a son mpitak’hazomanga. Dans la tradition du Sud, on lui accorde beaucoup de respect car il a un rôle fondamental à jouer pour le maintien de l’ordre et la paix dans le village. Comme on dit chez nous, tany misy olon-dehibe tsy miady zaza (tant qu’il y a un chef du village, les conflits n’ont pas lieu d’être) », explique Tovondahy Rudyart Télésphore, originaire de l’Androy.

Le mpitak’hazomanga est celui qui prend toutes les décisions, cela va de la bénédiction pour un mariage au choix de la meilleure date pour la tenue d’un événement. Il est également celui qui fait le mitatarano : il prie pour que le corps des personnes emportées par le fleuve réapparaisse. « Et ça marche, le corps apparaît d’une manière miraculeuse après quelques jours. Grâce à ce don spirituel, les décisions du mpitak’hazomanga ne sont contestées par personne car il est celui auquel on a le plus confiance. »

L’orik’hazomanga a lieu quand le village est en passe d’élire un nouveau chef pour remplacer celui qui vient de décéder. « Selon la tradition, on le remplace par son frère cadet ou son fils aîné à condition que ce soit une personne de bonne foi et n’ayant jamais commis de délits. » Quand vient le moment du rituel, la famille doit acheter un zébu, mais pas n’importe lequel !

 

Il faut un omby lahy mazava loha, un zébu dont la tête est de couleur blanche. « Ce type de zébu peut coûter jusqu’à 1 000 000 d’ariary. Il est spécialement recherché pour ce rituel car il est emblématique d’un chef de village fort, courageux et ayant un esprit de leader. »

Durant le rituel, on tue le zébu en hommage sacrificiel aux ancêtres. Près du poteau sacré, lieu où se déroule la cérémonie, les aînés proches du nouveau mpitak’hazomanga déverse le sang frais du zébu sur la tête de ce dernier pour le bénir. Ils font ensuite cuire le reste du sang qu’on appelle pitsoke et le lui font manger pour donner de la force et du courage. Puis vient le moment festif où tout le village trinque, mange et danse durant près d’une semaine.

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Publié dans Coutumes, Traditions

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