Gros plan sur le nationalisme malgache

Publié le par Alain GYRE

Gros plan sur le nationalisme malgache

Rédaction Midi Madagasikara  23 janvier 2017 

Dès l’annexion de Madagascar par la France, des mouvements de contestation surgissent un peu partout dans la Grande île. Le peuple malgache n’a pas accepté la domination française. La colonisation fut une période d’éveil du nationalisme et du patriotisme. Il y a différentes sortes de mouvements nationalistes, mouvements non organisés tels que le Menalamba et le Sadiavahy. Toutefois, c’était des mouvements de libération nationale. Il y a aussi eu des mouvements organisés secrets, c’est le cas du VVS et des mouvements organisés non secrets, entre autres, le MDRM.

Mouvement Menalamba. L’insurrection qui débute en décembre 1895 à Arivonimamo avec quelques partisans au départ gagne du terrain pour former le mouvement Menalamba ou toges rouges. Ce n’était pas un parti politique. A l’origine, la défaite de l’armée malgache en 1895. Ce mouvement a été dirigé par Rainibetsimisaraka, Rabozaka et Rabezavana. Le but est de refouler les Français et de rétablir l’autorité de la Reine.

Mouvement vvs. Après les Menalamba, un autre mouvement de résistance était apparu. Il s’agit du V.V.S (Vy, Vato, Sakelika). Ce mouvement débute en 1913. C’était un mouvement nationaliste organisé et secret. Les membres du V.V.S ne supportaient pas les inégalités et les injustices qui règnent à Madagascar.  Ce mouvement est composé notamment d’intellectuels en l’occurrence des étudiants de l’école de médecine, des poètes, des journalistes voire même des hommes d’église. Il prône la liberté et la justice tout en renforçant la solidarité des malgaches. Sa stratégie se base sur la conscientisation de ces derniers à l’aide de messages secrets par le biais des journaux et des tracts. L’administration coloniale s’en est aperçue en 1915, l’organisation fut démantelée et les membres ont été condamnés aux travaux forcés. Conséquences, l’école de médecine fut fermée. 

Jean Ralaimongo. (1884–1944) est un nationaliste qui participa en 1920 à la fondation de la « Ligue française pour l’accession des indigènes de Madagascar aux droits des citoyens français ». Mais qui est Ralaimongo ? C’était un instituteur. Il a participé à la première guerre mondiale 1914-1918 en France. Tout au long de sa vie, il s’est battu  pour l’égalité. A l’instar du VVS, son mouvement a été également secret. A l’origine, l’inégalité des droits entre les colons et les Malgaches et les injustices et abus : le vol des terres des Malgaches par les colons. Ce mouvement est composé notamment de Jean Ralaimongo, Ravoahangy, Abraham Razafy, Jules Ranaivo ainsi que des étrangers tels que Vittori, Paul Dussac et de  Planque. Notons que ce mouvement a permis la libération des membres du V.V.S, la dissolution du SMOTIG et de l’indigénat. Et pour la première fois, lors d’une manifestation qui a eu lieu le 19 mai 1929, les Malgaches ont revendiqué l’indépendance.

MDRM. A la différence des deux autres mouvements nationalistes, c’était un mouvement organisé et non secret. C’était un parti politique qui était composé des premiers députés malgaches, à savoir, Ravoahangy, Raseta et Rabemananjara et il se fixe comme objectif, l’indépendance de Madgascar. Les évènements du 29 mars 1947 sont les plus violents et les plus meurtriers que le pays ait jamais connu dans sa lutte pour l’émancipation. En effet, ce jour-là, à miniuit, des incidents graves éclatent dans le pays. Le camp militaire de Moramanga est attaqué et des armes y sont prises. A Sahasinaka, Vohipeno, Manakara et Ambatondrazaka quelques dizaines de colons sont massacrés. La répression débute en août 1947. Ce fut une répression terrifiante démontrant un caractère inhumain. Des dizaines de milliers de malgaches ont été tués.  Les dirigeants et plusieurs militants ont été emprisonnés et condamnés aux travaux forcés. Raseta, Ravoahangy et Rabemananjara sont exilés après avoir été condamnés à mort.

Monja Jaona est né en Septembre 1910 à Amboasary. Comme beaucoup d’Antandroy, il part à19 ans rejoindre les régions des grandes plantations du Nord. Il  rencontra le Pasteur Jean Vernier et se convertit au christianisme. En regagnant sa région il se met au service de la mission luthérienne à Manambaro, près de Fort-Dauphin. Il se consacre à la vie politique, luttant comme Ralaimongo pour les droits de la paysannerie. Il fonde le parti Jina en 1943.  En 1958, il fonde un nouveau parti politique « le Monima », et en demeure le leader jusqu’à sa mort.  Maire de Tuléar, de 1959 à 1961, il revendique la paternité de « l’insurrection d’Avril 1971″dans le Sud du pays.

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