Pourquoi n’y a-t-il pas de cyclone à La Réunion ?

Publié le par Alain GYRE

Pourquoi n’y a-t-il pas de cyclone à La Réunion ?

LINFO.RE – créé le 16.01.2017 - Baradi Siva

 

La saison cyclonique 2016-2017 a commencé il y a plus d’un mois maintenant, pourtant aucun système dépressionnaire ne s’est encore manifesté dans le bassin Sud-Ouest de l’océan Indien. Météo France explique pourquoi.

Météo France fait le point sur la saison cyclonique 2016-2017. Depuis plus de trois mois, le bassin du Sud-Ouest de l’océan Indien n’a pas connu la moindre activité cyclonique. Cela n’avait plus été vu depuis la fin des années 1990, qui ont tout de même vu des cyclones arriver après la mi-janvier aux alentours de La Réunion.

Pourquoi ?

Selon Météo France, cette inactivité dans l’océan Indien s’explique par "une puissante anomalie observée à grande échelle au niveau de la circulation atmosphérique, qui concerne toute la zone océan Indien et qui perdure depuis maintenant le début du printemps austral."

C’est un "assèchement" à l’Ouest de l’océan Indien et une "forte ascendance" à l’Est qui est constatée.

Il y a une forte anomalie négative de pression à l’Est et positive au Sud-Ouest. Ainsi : "A La Réunion, la pression moyenne mensuelle du mois de décembre a été la plus élevée enregistrée depuis 20 ans, surpassant légèrement la valeur relevée en décembre 1998."

Cela se traduit par moins de nuages autour de La Réunion et donc moins de pluies. Ce qui a été observé en novembre et décembre.

"Les conséquences de l’environnement sec qui prévaut sur la zone, et en particulier au niveau des Mascareignes, se font évidemment sentir à La Réunion. Il n’aura pas échappé à la plupart des Réunionnais que nous vivons depuis quelques semaines un temps exceptionnellement beau, sec et ensoleillé pour cette période de l’année, ordinairement censée marquer le début de la saison des pluies."

"Mais, en l’occurrence, l’activité pluvieuse a été plus que réduite depuis deux mois, se résumant pour l’essentiel à quelques averses sporadiques et à un unique épisode pluvieux significatif, survenu début décembre sur la façade nord-est de l’île, mais causé par un phénomène n’ayant rien de typique de saison chaude, puisque induit par un front froid tardif remonté depuis les latitudes sud."

"Il y a donc tout lieu de penser que la prévision saisonnière diffusée par Météo France mi-novembre, tablant sur 60% de chances d’avoir une saison cyclonique à venir moins active que la normale demeure d’actualité (il est même probable que dans l’actualisation de cette prévision qui sera diffusée d’ici la fin janvier, cette probabilité soit revue à la hausse)."

C’est déjà arrivé par le passé

"Quant au déficit pluviométrique actuellement observé, sur les Mascareignes tout particulièrement, s’il était amené à perdurer, cela pourrait évidemment à terme s’avérer problématique pour la ressource en eau. Mais tout est encore loin d’être joué, comme l’exemple de 1999 donne droit de l’espérer..."

"Car, à bien des égards, la saison cyclonique actuelle présente des similarités avec la saison cyclonique 1998-1999. Dans les deux cas, on a affaire à une saison cyclonique survenant après une phase négative du Dipôle Océan Indien extrêmement marquée lors de l’hiver austral précédent (l’épisode 2016 constituant même un événement record sur les 50 dernières années), succédant à un épisode El Niño particulièrement puissant dans le Pacifique (la différence étant toutefois qu’en 1998, on avait basculé, en cours d’année, d’un épisode El Niño marquant, à un épisode La Niña quasiment aussi prononcé, ce qui n’est pas le cas cette année)."

Comment ça s’était fini en 1999 ?

"La saison 1998-1999 avait également été placée sous le sceau d’un déséquilibre flagrant entre les deux extrémités océaniques : la zone ouest du bassin avait été totalement improductive (aucune cyclogenèse) et également étrangement exempte d’activité nuageuse, cette anomalie correspondant à une situation extrêmement analogue à celle de cette année et associée de la même manière à une forte anomalie positive du champ de pression. Si bien que, Canal de Mozambique mis à part, aucun système dépressionnaire n’avait vu le jour à l’ouest de 85°Est, l’essentiel des systèmes dépressionnaires amenés à évoluer sur la zone du Sud-Ouest de l’océan Indien provenant en fait de la zone du Sud-Est de l’océan Indien."

"Cela avait été notamment le cas de la tempête tropicale CHIKITA, début février, et surtout du cyclone DAVINA (en mars), qui étaient venu effleurer les îles sœurs de Maurice et de La Réunion. Les pluies apportées par DAVINA avaient été à l’époque providentielles à La Réunion, sauvant la pluviométrie d’une saison chaude marquée pour le reste par la quasi absence de précipitations, et à un degré moindre à l’île Maurice, où elles étaient demeurées insuffisantes pour effacer les effets de la sécheresse, la pire depuis 1904. A voir donc si un tel scénario peut se reproduire cette année..."

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Publié dans Météo - Madagascar

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