Conte: Ndriambavivorona, la reine des oiseaux.

Publié le par Alain GYRE

Conte: Ndriambavivorona, la reine des oiseaux.

Ndriambavivorona, la reine des oiseaux.

 

Autrefois, dit-on, il y avait, dans une grande forêt, un gros arbre appelé ramy. Sur cet arbre habitait la reine des oiseaux. Elle était énorme et on l’appelait Ndriambavivorona. Vers la fin de la saison sèche, elle construisit un nid, pondit des œufs et elle les couva comme faisait les autres oiseaux.

Un jour elle quitta son nid pour aller visiter son peuple à Andranantsanjy. Dès qu’elle fut partie, le vent se mit à souffler avec une telle violence  que le ramy sur lequel elle nichait fut renversé. Ses œufs tombèrent à terre et dans la chute se brisèrent. Le contenu se répandit et forma un grand lac, tandis que les coquilles devinrent des grands rochers.

Lorsque Ndriambavivorona revint, elle vit un lac qu’elle ne connaissait pas, des rochers qu’elle n’avait jamais vus ; mais elle ne trouva plus trace de son nid et de ses œufs. Elle fut très affligée, puis elle se mit en colère et elle interrogea toute espèce de choses pour savoir sur qui elle devait se venger.

  • Est-ce toi, Vent, qui as été assez fort pour renverser ma maison ? demanda-t-elle.
  • Si j’étais fort, répondit le vent, la montagne ne m’empêcherait pas de passer !
  • C’est donc la montagne qui est forte ?
  • Si j’étais forte, le rat ne pourrait pas nous percer.
  • C’est donc le rat qui est fort ?
  • Si j’étais fort, le bâton ne pourrait pas me tuer.
  • C’est donc le bâton et le gourdin qui sont forts ?
  • Si nous étions forts, le couteau ne pourrait pas nous couper.
  • C’est donc le couteau qui est fort ?
  • Si j’étais fort, la pierre ne pourrait pas m’ébrécher et m’user.
  • C’est donc la pierre qui est forte ?
  • Si j’étais forte, les racines des arbres ne pourraient pas pénétrer dans mes fentes.
  • Ce sont donc les arbres qui sont forts ?
  • Si nous étions forts, le feu ne pourrait pas nous détruire.
  • C’est donc le feu qui est fort ?
  • Si j’étais fort, l’eau ne pourrait pas m’éteindre.
  • C’est donc l’eau qui est forte ?
  • Si j’étais forte, le tsikoza (râle) ne pourrait pas m’enjamber.
  • C’est donc le râle qui est fort ?
  • Si j’étais fort, l’homme n’aurait pas tacheté ma poitrine avec de la terre blanche.
  • C’est donc l’homme qui est fort ?
  • Si j’étais fort, Zanahary ne me ferait oas mourir.
  • C’est donc Zanahary qui est fort ?
  • Oui, c’est moi qui suis fort ! dit Zanahary.
  • Alors nous allons nous battre, dit Ndriambavivorona.

Ils se battirent, mais la reine des oiseaux fut vaincue. Zanahary la saisit et la lança en l’air, la transformant en nuages, pour la punir de son orgueil et de sa vanité.

Et c’est là l’origine des nuages qui sont blancs comme était le plumage de Ndriambavivorona , reine d’Andriantsanjy. Et c’est là l’origine des lacs, chacun d’eux venant d’un des œufs brisés de Ndriambavivorona.

Et c’est là aussi l’origine des gros rochers, chacun d’eux provenant des coquilles émiettées.

 

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