L’imposant Dorlys quitte la scène

Publié le par Alain GYRE

L’imposant Dorlys quitte la scène

07.02.2017

 

Personnage unique en son genre, Dorlys a su marquer de son talent toute sa carrière.

 

Chanteur et compositeur de talent et tout aussi charismatique, on dit de lui qu’il était le Bud Spencer de la musique malgache. Dorlys s’en est allé rejoindre les étoiles.

 

Décidément, ce début d’année s’annonce comme étant malheureux pour les inconditionnels du genre « Kaiamba ». Après Bruno Raisner il y a à peine un mois, c’est désormais l’illustre Dorlys qui rejoint le panthéon des grands artistes dans un monde meilleur. Dorlys Levelo, de son vrai nom, était un mélomane passionné, et s’est continuellement affiché comme l’un des fiers porte-étendard de la génération « Kaiamba » des années 70.

Agé de 63 ans, il représentait tout aussi bien sa musique et son art que Mananjary, sa ville natale, dont il était la grande fierté également. C’est dans la matinée d’hier que Dorlys s’est éteint dans son domicile à Antsahavola. Une disparition soudaine qui a de suite attristé le milieu artistique, et par-dessus tout, ceux qui ont grandi à travers ses chansons. Constamment jovial, mais doté d’un sérieux exemplaire, le chanteur en imposait toujours sur scène, et ce ne sont pas ses camarades émérites qui diront le contraire.

Justin Naivoson Rainitsara dit Zozo, avec qui il a partagé la majorité de sa carrière, confie « Dès qu’on s’est rencontré, on a tout de suite été sur la même longueur d’onde. Je l’ai toujours considéré comme mon frère, et cette aventure qu’on a vécue avec le duo Zozo et Dorlys a enrichi notre art, ainsi que notre amitié. Cet art que l’on perpétuera en son honneur ».

Charismatique

Ayant grandi à Mananjary, c’est en 1979 qu’il a su faire valoir son talent, face au public, en lançant aux côtés de ses pairs le « Festival Zafy Raminia », au Stade Rabe Marcel local. Chapeauté alors, entre autres, par Jean Razakadisy de la Radio Nationale Malgache (RNM), c’est toute une épopée musicale qu’il entama et à travers laquelle il fit ses plus belles rencontres avec Prosh Ely, et bien sûr Zozo.  «Sipa voadona », « Papa sy mama » ou encore « Miaregna fa aza ketraka », ses compositions retranscrivaient principalement l’amour, le respect de la famille et l’amitié dans sa toute splendeur.

Ceci étant, tout aussi admiré pour sa personnalité unique et surtout sa convivialité, Dorlys, en étant un fervent admirateur d’Otis Redding et des Rolling Stones, se plaisait aussi à réaliser des chansons rythmées et enjouées. « Deux francs cinquante » et « Zaza sengy » reflètent brillamment cette facette enchanteresse de l’artiste. Une allure, une prestance et une carrure particulière qui ne sont pas sans rappeler celles d’un certain Bud Spencer, Dorlys Levelo était un sportif et un haltérophile passionné également. En plus d’une veuve et de sa fille, ainsi que de ses deux petits-enfants, c’est tout le milieu musical que Dorlys laisse orphelin suite à sa disparition. La veillée en son honneur se tient au sein de son domicile familial à Antsahavola.

Andry Patrick Rakotondrazaka

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