Le Perroquet et la Sauterelle

Publié le par Alain GYRE

Le Perroquet et la Sauterelle

Le Perroquet1 et la Sauterelle (Première version)

 

Autrefois Ratsiotsa (M. Perroquet) avait le nez droit ; un jour qu’il avait pris une Sauterelle dans son bec et s’apprêtait à l’avaler, celle-ci se débattit de toutes ses forces et lança violemment ses pieds dans la figure de Perroquet.

Ratsiotsa, étourdi par ces coups imprévus, lâcha prise, et la Sauterelle s’envola, heureuse d’avoir, par son courage, sauvé sa vie et recouvré sa liberté. Mais le Perroquet, ahuri et meurtri, sortit de la lutte tout confus d’avoir le nez déformé : son appendice nasal était complètement recourbé, et, quoi que fit le plus célèbre ombiasa, il ne put jamais reprendre sa forme primitive. C’est pourquoi le bec du perroquet est crochu ; c’est pour la même raison que le tsiotsa ne mange pas de sauterelles, et, se souvenant du malheur arrivé jadis à son ancêtre, s’enfuit, en criant, à l’approche des valala.

 

Le Perroquet et la Sauterelle (Deuxième version)

 

Autrefois, le Perroquet avait le nez droit et fin, et, ne sachant pas se servir de ses pattes, utilisait son bec pour chercher sa nourriture.

Il aimait beaucoup les sauterelles et les croquait avec plaisir, après les avoir prises adroitement avec son bec aigu. Aussi avait-il chez lui tout ce qu’il fallait pour la conservation des valala (sauterelles) qu’il avait capturées et qu’il ne pouvait consommer immédiatement. Les sobika (corbeilles, paniers) et les sajoa (cruches, jarres) étaient toujours pleines.

Mais à force de prendre des sauterelles, son bec s’était gonflé, lui causant d’atroces douleurs ; il s’adressa aux plus fameux ombiasa (sorciers, rebouteux) des perroquets et à l’homme même pour obtenir sa guérison ; mais rien n’y fit, aucun fanafody (médicament) ne put le soulager.

En désespoir de cause, il se tourna vers Ndriananahary pour lui demander de mettre un terme à ses souffrances en lui donnant le remède nécessaire. Le Créateur prit un fruit de sakoa (sorte de ficus), dont il brisa la coque, puis, après en avoir retiré l’amande, il la réduisit en pâte et frotta de cet enduit le nez du Perroquet qui guérit aussitôt, mais son bec resta gros et recourbé, au grand déplaisir du volatile.

C’est pourquoi, depuis ce jour, le Perroquet sait si habilement et si vite percer la graine du sakoa pour en extraire l’amande dont il est si friand, chose que l’homme n’arrive pas toujours à faire. C’est également depuis cette époque que le Perroquet ne veut plus se nourrir de sauterelles et qu’il se cache dans les bois quand passe un vol de ces acridiens : Ratsiotsa (M. Perroquet), à son lit de mort, avait défendu à ses enfants, sous peine de malédiction, de manger les valala, cause de ses malheurs. Jamais un Perroquet n’a enfreint l’interdiction faite par l’ancêtre ailé.

 

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