Notes du passé: À propos des Fahavalo pro-français de Laroche

Publié le par Alain GYRE

À propos des Fahavalo pro-français de Laroche

28.02.2017 Notes du passé

 

Des mouvements de bandes armées sont signalées, début 1896, sur le versant oriental de l’ile, le long de la côte et jusqu’à 80km à l’intérieur des terres. Sont-ils des Menalamba ou non   Hippolyte Laroche, résident général après l’expédition, a pour sa part une version vraiment irréaliste. D’après lui, le pillage semble être leur principal ou leur seul but. « Ils affectent de céder à l’entrainement d’un sentiment très pur de patriotisme autochtone et de lever parmi les tribus soumises au joug hova, le drapeau de l’indépendance.»

Leurs auteurs « se réclament à chaque fois de la France et se prétendent encouragés par ses représentants, respectant avec soin les Blancs et leurs propriétés ». Ils s’emparent des troupeaux des Merina, massacrent ces derniers quand ils peuvent les atteindre ; ou les brûlent avec leurs maisons qui, dans cette région, ne sont que de grandes cabanes en bois et en roseaux.

Le 17 janvier, informé de la présence dans son voisinage d’une de ces bandes de Fahavalo (ennemis des Français dans le sens de rebelles) armés des seuls sagaies et couteaux, le capitaine Freystatter, commandant du poste de l’étape de Maromby, s’en approche avec 40 hommes. Il rencontre la bande inopinément et croit que sa position est fort compromise. Mais dès que les Fahavalo reconnaissent les Français, « ils s’abstiennent de les attaquer », consentent à jeter leurs armes, s’agenouillent en signe de soumission et n’essayant pas de fuir, ils attendent d’être entourés par les tirailleurs.

Le capitaine français, « sans autre forme de procès crut devoir les faire assommer ou égorger jusqu’au dernier- ils étaient au nombre de 49- à coups de crosses et des baïonnettes. Le général Voyron, informé de cette inutile boucherie, l’a justement blâmée »!

Une autre bande de 150 à 200 hommes remonte vers le Nord, en direction de Foulpointe et de Fenoarivo. Le sous-lieutenant Grammont et 59 tirailleurs y sont envoyés de Toamasina par goélette. Leur mission est de débarquer d’abord à Foulpointe pour s’assurer si les « rebelles » s’y trouvent. Dans le cas contraire, ils repartiront pour occuper et défendre contre eux Fenoarivo.

Grammont arrive le 26 janvier à Foulpointe, où sont installés depuis trente six heures les Fahavalo. Le gouverneur et 30 officiers merina, abandonnés par leurs soldats, se sont réfugiés à bord d’un bateau à destination de l’ile Sainte-Marie. Les « rebelles »  saccagent les propriétés des Merina, en tuent deux dans les villages voisins. « Mais ils avaient laissé systématiquement intactes les propriétés des  Blancs et des Betsimisaraka. Ils se croyaient de bonne foi approuvés dans leurs actes par le gouvernement français car au lieu de se dérober, ils regardaient venir la goélette et les troupes françaises. »

Grammond débarque à 14 heures, les fait prisonniers et se saisit de leurs armes constituées de cinq fusils et de 50 sagaies. Comme la goélette ne peut contenir tous les prisonniers, ces derniers sont envoyés par groupe à Toamasina, pour être déférés devant la justice indigène. « Leur condamnation est inévitable : ils seront exécutés en présence de leurs hommes. Ceux-ci pourront, après exemple, être renvoyés dans leurs tribus. »

D’après les rapports reçus par Hippolyte Laroche, plusieurs Mauriciens établis le long de la côte, entre Mahanoro et Toamasina, sont suspectés de complicité avec ces Fahavalo. « Je les ai fait arrêter et envoyer devant le conseil de guerre. »

Les troubles sur cette partie de la côte orientale sont réprimés, et très sévèrement. Comme le souligne le résident général, « la répression du 17 janvier a même été disproportionnée avec leur gravité. Il ne faut point, en effet, perdre de vue que les Fahavalo n’étaient pas sérieusement armés , qu’ils ont évité de molester les Blancs et les autochtones et que nous n’avons éprouvé aucune perte, si légère fut-elle, en détruisant ou en dispersant leurs bandes ».

D’autres groupes en mouvement sont signalés plus au Sud, au-delà du fleuve Mananjary, région coupée de toute communication. C’est pourquoi le Dr Besson est nommé à Fianarantsoa pour reprendre les fonctions résidentielles qu’il y a exercées avant l’expédition. Le Dr Besson y a acquis une véritable popularité et, « par conséquent une assez grande autorité morale parmi les indigènes ».

Hippolyte Laroche considère que l’agitation sur la côte orientale conserve « un caractère essentiel de sympathie pour les Français, vainqueurs des Hova, et de haine contre ces derniers de la part des tribus vassales ».

 

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives Officielles

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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