Jeannot Rasoloarison: à Madagascar en 1947, «on peut parler de guerre»

Publié le par Alain GYRE

Jeannot Rasoloarison: à Madagascar en 1947, «on peut parler de guerre»

Par Sarah TétaudDiffusion : mercredi 29 mars 2017

 

Jeannot Rasoloarison.Sarah Tétaud/RFI

La nuit du 29 mars 1947, à Madagascar, sonne le début d’un an et demi d’insurrection contre l’administration coloniale française. Quasi simultanément, à Moramanga, le centre-est et Manakara, la côte sud-est, des groupes d’insurgés qui ne croient plus en l’indépendance de leur pays par la voie pacifique, prennent les armes et commettent de premières attaques. Soixante-dix ans après, malgré l’ouverture des archives malgaches et françaises, les versions des faits divergent encore ; et le nombre de morts, suite à cette sanglante répression, ne fait toujours pas l’unanimité. Mars 1947, une date clé de l’histoire malgache, qui a été récupérée politiquement à différentes fins : c’est ce qu’affirme Jeannot Rasoloarison, historien, maître de conférences au département d’histoire de l’université d’Antananarivo et spécialiste de ce mouvement insurrectionnel. Il est interrogé par Sarah Tétaud.

« Ce sont les membres des sociétés secrètes, des groupements formés pendant la Seconde Guerre mondiale, qui veulent libérer Madagascar de la domination française. Ils n’ont pas du tout cru aux luttes politiques qui étaient menées par les dirigeants du MDRM et qui veulent une indépendance par la voie pacifique. Et la date choisie pour déclencher l’insurrection c’était le 29 mars. […] Ceux qui pensent connaître les événements de 1947 véhiculent des versions différentes et même erronées pour d’autres. Le problème qui engendre tout cela, c’est le manque d’entretien d’une mémoire collective autour de l’événement à Madagascar. »

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