La dégradation des routes à Madagascar

Publié le par Alain GYRE

La dégradation des routes à Madagascar

Rédaction Midi Madagasikara  9 mars 2017 

 

En 2014, les statistiques officielles ont montré que seulement 10% des routes tracées étaient en bon état, 28% dans un état moyen et 64% en mauvais état. L’arrivée des pluies a favorisé la dégradation, alors que les ressources restent très limitées. Malgré cette situation déplorable, le gouvernement malgache ne consacre que 8 % de son budget aux infrastructures. L’Union européenne, la Banque Mondiale et la Banque africaine de développement sont venus à la rescousse pour améliorer les infrastructures routières dans la Grande île mais cela n’empêche pas que le réseau routier dans le pays ne cesse de se détériorer.

 

L’état de route dans la Grande île se dégrade au fil des ans. Cette dégradation s’explique par plusieurs facteurs. A la vétusté des routes malgaches et l’absence d’entretien s’ajoutent les conséquences des catastrophes naturelles comme les cyclones et les inondations. Il y a des routes nationales qui sont dans un piteux état, entre autres, la RN 44 reliant Moramanga-Ambatondrazaka. Une cinquantaine de kilomètres seulement est en bon état. Les habitants de la région longeant la côte Sud-Est du pays devraient se réjouir du projet de réhabilitation de la RN13 reliant Ihosy à Fort-Dauphin. Une route Nationale qui est dans un état épouvantable.  La RN2 qui est la route nationale la plus fréquentée, reliant Antananarivo et Toamasina, n’échappe pas non plus à la règle car son état ne cesse de se détériorer. La plus célèbre, pour son état défectueux, est la fameuse RN5 qui relie Sonierana Ivongo à Mananara Nord. Elle n’a de route que nom.

 

Concernant les routes dans la Capitale, elles sont dans un état de délabrement avancé. Les nids de poule pour ne pas dire nids d’autruche ne se comptent plus. Les fortes pluies apportées par le cyclone Enawo ne vont pas arranger les choses. Elles vont se faire notamment ressentir sur l’état du réseau routier de la ville. Les tip top, comme solution de rechange, ne font qu’aggraver la situation car à chaque saison pluvieuse, les routes sont dans une situation encore plus déplorable. 

 

Les routes à travers l’histoire

 

Le 23 avril 1895, le corps expéditionnaire français, fort de 25 000 hommes débarque à Majunga. Ce n’est que le 30 septembre suivant que Tananarive capitule. La troupe aura mis près de 5 mois pour parcourir 550 km sans avoir rencontré de grande résistance, mais en perdant 4 500 hommes pour cause de maladie contre 25 morts au combat. Cette lenteur et ces difficultés s’expliquent par l’absence totale de route. Les échanges étaient tributaires de sentiers soumis aux aléas du relief et des intempéries et le transport des marchandises se faisaient à dos d’homme.

Dès 1897, l’administration coloniale française organise les premières voies de communication. Elles ne se développent vraiment qu’à partir de 1901 sous l’impulsion du général Galliéni mais également avec l’instauration du S.M.O.T.I.G. « Service de la Main-d’Œuvre des Travaux Publics d’Intérêt Général ». C’était une sorte de travaux forcés imposés aux Malgaches pour la construction de routes, de tunnels et de voies ferrées. Un système de travail obligatoire institué en 1928 à Madagascar par le gouverneur général Marcel Olivier.

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Publié dans Economie, Transport

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