Jean Emilien : Le médaillé d’or « Hohner 91 » tire sa révérence à 54 ans !

Publié le par Alain GYRE

Jean Emilien : Le médaillé d’or « Hohner 91 » tire sa révérence à 54 ans !

Rédaction Midi Madagasikara  6 avril 2017

 

Jean Emilien, le médaillé d’or au concours « Hohner 91 » d’harmonica tire sa révérence à 54 ans !

La belle histoire d’amour de Jean Emilien avec la musique prend brutalement fin. A 54 ans, l’harmoniciste meurt soudainement, d’un arrêt cardiaque, hier, à son domicile à Ambohijafy Itaosy.

 

Humble, parfois même effacé, Jean Emilien a pourtant porté très haut le flambeau malgache. Il faisait en 1983, la première partie de l’américain Jimi Cuomo, a été la révélation de plusieurs festivals dont celui de Vancouver (canada) et d’Angoulême. Il a déjà figuré dans le New York Times avec Paula Abdul et Kenny Loggings. Il s’est déjà produit dans l’une des salles mythiques de Paris : l’Olympia, à Paris Bercy en première partie de Santana. Jean Claude Vinson, qui le produisait à l’époque se souvient : « Tu jouais 30 minutes devant Carlos Santana. Tu ne le voyais pas mais Carlos Santana dansait derrière ton ampli de Bercy pendant que tu jouais et tu ne le voyais pas ». En 1991, à Detroit, aux Etats-Unis, au concours « Hohner » d’harmonica, tous les membres du jury, sans exception, lui attribuent la note de 20 sur 20. « Pas une note en dessous de 20. C’était du jamais vu ! A ce moment précis il ramène pour Madagascar la première médaille d’Or mondiale de son histoire », selon toujours Jean Claude Vinson. Depuis, il n’a cessé de tourner en Afrique, en Europe jusque dans le cercle polaire de la Suède… « Aux Jeux de la Francophonie de Paris, il est membre de jury auprès de Manu Dibango, du sculpteur César…Il y a tellement de choses qu’on a vécues ensemble que j’en oublie. On s’est vu la semaine dernière à Tana, il était avec son vieux scooter. Depuis, je suis revenu en France. Je n’en reviens pas de sa disparition. Salut Frère, j’ai toujours cru en toi ». 

 

Du kabôsy à l’harmonica. Né en septembre 1963 à Fianarantsoa, au sud des hauts-plateaux malgaches, Jean Emilien est remarqué à cinq ans dans un concours de chants d’écoliers par le chef de canton qui lui donne la pièce en douce pour qu’il continue à vocaliser. Son initiation musicale lui venait de son grand-père, un homme qui fut enterré avec son jejy vaotavo (une sorte de mandoline). Peu après, il fait ses gammes sur le kabôsy, qu’il joue en gardant les zébus pendant les vacances et découvre l’harmonica avec un musicien qui accompagne les élèves de son instituteur de père en jouant des airs du folklore malgache. Malgré son envie de devenir musicien à part entière, la carrière de Jean Emilien démarre pourtant assez mal : contrarié par cette vocation qu’il juge futile, son père lui brise son kabôsy sur le crâne! Jean Emilien quittera alors le domicile paternel à 17 ans, se jugeant tout à fait capable de se passer de ce genre de conseil.

 

Le début. Après une incursion dans la variété occidentale et le reggae, il plonge dans le patrimoine, s’intéressant notamment au vakodrazana mais son inspiration tourne autour du rija. Un jour de 1982, un chauffeur de taxi-brousse, séduit par sa musique, l’emmène à Antananarivo pour qu’il enregistre à la radio nationale. Ses chansons sont immédiatement utilisées comme indicatifs d’émissions en vogue et Jean Emilien se produit dans les grands hôtels de la capitale et les bals. Malheureusement, cette belle histoire d’amour avec la musique prend brutalement fin. A 54 ans, Jean Emilien meurt soudainement, d’un arrêt cardiaque, hier, à son domicile à Ambohijafy Itaosy. La veillée mortuaire se fera au Palais des sports, ensuite son corps sera acheminé vendredi à Fianarantsoa. Enfin Samedi, il sera enterré à Ambalavao. Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille !

Mahetsaka

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