Pêche au thon : une filière rentable sous-exploitée par les malagasy

Publié le par Alain GYRE

Pêche au thon : une filière rentable sous-exploitée par les malagasy

Écrit par  Hanitra Rakotomalala : 30 mars 2017

 

Thons de l'Océan Indien

 

Pour la région de DIANA, la pêche thonière contribue à 35 % de l’apport économique selon les résultats d’étude de l’ l’Observatoire Economique de la Pêche et de l’Aquaculture (OEPA). La pêche en général, contribue de 6 à 7 % du PIB de Madagascar selon le ministre de la pêche et des ressources halieutiques, Gilbert François. Mais même avec ces apports, peu de malagasy sont tentés d’entrer dans ce secteur pourtant prometteur

 

D’après l’allocution du chef de la région DIANA, Tongazara Eddie Jean Aimé, lors de l’ouverture de la campagne thonière du 23 et 24 mars, « les navires malagasy, au environ de sept, peuvent seulement récolter 500 tonnes de thon par an contre plus de 1 000 tonnes par navire pour les navires étrangers ». Ce faible taux est dû en premier lieu au manque d’investissement mais également au manque de matériels. Selon l’Unité Statistique Thonière d’Antsiranana (USTA), ces sept embarcations, enregistrées en 2016, sont des palangriers, cinq appartiennent à la société Refrigepêche-est (Sebae 6 à 10), et deux à la Société de Pêche de Sainte Marie (Birma et Nereides). Ils ont une taille inférieure à 25 m et peuvent déployer 800 à 1 300 hameçons circulaires par filage. Mais la capture des palangriers malagasy tend à diminuer. Si en 2014, la moyenne de capture était de 200 tonnes, ce chiffre a baissé à 150 selon toujours les statistiques de l’USTA. Contrairement aux palangriers étrangers, qui ont doublé leur capture de 5800 tonnes en 2014 et 7677 tonnes en 2015. Leur moyenne annuelle de capture en 2015-2016 est de 6849 tonnes contre seulement 379 tonnes pour les palangriers malagasy. Selon les statistiques du service de la surveillance des pêches, les navires venant de l’Union Européenne sont les plus exploitants de thon dans les eaux de Madagascar. En 2016, sur les 28 navires licenciés, 23 sont actifs dans la zone. Ils passent en moyenne 27,05 jours durant la campagne de pêche et capturent en moyenne chacun 269 696 kg. Mais, ce secteur d’activité, s’il est exploité majoritairement par des malagasy, pourrait être plus bénéfique pour la nation.

Un secteur à fort potentiel

 

D’après les études menées par l’Observatoire Economique de la Pêche et de l’Aquaculture (OEPA) à Madagascar, la pêche thonière est une des bases de l’économie de la ville de Diego Saurez. Elle contribue d’ailleurs à 35 % de l’économie locale. Si les faux poissons sont mis en abondance dans les marchés de la ville, il y aura une baisse du prix de cette marchandise, la consommation quant à elle va augmenter, ce qui aura pour conséquence la baisse du prix des produits de pêche traditionnelle. Mais, d’après le rapport de l’Union Européenne, seulement 5% des captures des navires de l’Union européenne sont débarquées et transformées dans la ville de Diego Saurez. D’après l’OEPA, la pêche thonière est au 2ème rang par rapport à la totalité des exportations des produits halieutiques: 17% en 2016, contre 57 % pour les crevettes. Elle est la 1ère source de redevance issue du secteur pêche et aquaculture à hauteur de 10,68 milliards d’Ariary, soit 81% de la totalité. La valeur ajoutée totale thonière est de 45,7 milliard d’Ariary. Elle crée plus de 7 000 emplois. Elle engendre une valeur ajoutée directe de 12,1 milliard d’Ariary dont les 88 % sont des redevances de la pêche thonière étrangère, 9 % viennent de la pêche nationale thonière industrielle, et les 2 % viennent des taxes portuaires et du salaire des marins.

 

Des solutions pour appuyer ce secteur

 

Le ministère de la pêche et des ressources halieutiques prévoit de mettre en place de nouveaux amendements en ce qui concerne le secteur de la pêche thonière. D’après l’annonce du ministre de cet établissement, la redevance sur la licence de pêche connaîtra une hausse. Autrefois, elle était de 3 000 à 6 000 USD par jour, ce qui est minime selon toujours le ministre de la pêche puisque dans d’autres pays cette redevance est de 7 600 USD aux Seychelles, par exemple. La durée de pêche ne sera plus d’un mois mais de trois mois au minimum. 50 % des productions venant des bateaux étrangers doivent débarquer dans la ville de Diego Suarez, cela permettra la création d’emplois, l’exportation de ces produits avec plus de valeur ajoutée et un bénéfice pour la population locale. 50 % des flottes doivent entrer en carénage dans les bassins de la SECREN. En attendant l’application de ces mesures, bonne pêche à tous

■ Raitra

http://latribune.cyber-diego.com/

Publié dans Economie, Pêche, Thon

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