Stéphanie se départage entre les rapaces, l’électroïk et les films

Publié le par Alain GYRE

Stéphanie se départage entre les rapaces, l’électroïk et les films

Focus | 24/04/2017

 

Stéphanie Razakaratrimo, le nom ne vous dit certainement pas grand-chose, mais mine de rien, elle est en même temps actrice, guitariste-chanteuse et surtout biologiste. Durant ses temps perdus, quand elle n’est pas en cours ou en brousse pour épier le sujet de sa thèse (doctorat en biologie animale, spécialisation : les rapaces), elle joue dans des productions de films. Mais encore et surtout, elle est l'une des auteures et compositrices du groupe de rock (dont le style est qualifié d’Electroïk) dénommé « NowMady ». Au mois de mars dernier, cette formation a assuré la première partie du concert des « The Dizzy Brains

La biologiste

Stéphanie Razakaratrimo aimait dès son plus jeune âge, vers la classe de 10e, les sciences naturelles. A l’époque, étant donné qu’elle n’avait pas encore les ressources nécessaires pour se confirmer dans sa passion, elle supposait, tout comme son entourage, qu’elle allait devenir médecin. Ultérieurement, en classe de troisième, un conseiller en orientation lui a ouvert l’esprit et lui a inculqué, si on peut le dire ainsi, les notions du métier de biologiste. C’est donc à partir de ce moment et ultérieurement, vers la classe de terminale, qu’elle a décidé de se focaliser sur cette filière.

Pourquoi la biologie animale? Eh bien, c’est tout simplement à cause du fait que non seulement elle aimait les sciences naturelles, mais elle aimait aussi, depuis sa tendre enfance, les animaux et les bestioles.

Des rapaces ?

D’ici quelques années, elle sera l’une des références de la Grande Ile en termes de connaissance des rapaces. Comme annoncée dessus, elle entame actuellement sa deuxième année de thèse de doctorat sur les rapaces. D’ici le mois de mai, elle descendra à Maintirano, pour réétudier une énième fois ces animaux. A l’issue de ce voyage, elle présentera ses recherches pour ensuite, les soutenir.

Vous diriez certainement  pourquoi une jeune fille comme elle s’intéresserait à des rapaces. Eh bien, elle a tout simplement répondu qu’elle était fascinée par la férocité de ces oiseaux, ainsi que par leurs puissances et surtout par leur faiblesse. Car, oui, des faiblesses, ils en ont, surtout par rapport à leurs progénitures.

 

La Musique

La musique est pour Stéphanie, cette autre passion de pouvoir s’exprimer. Elle n’a pas particulièrement appris à jouer de la guitare. Elle a commencé à regarder les autres jouer, longtemps … très longtemps, pour arriver au stade où elle est actuellement. Longtemps, c’est-à-dire qu’elle a débuté à écouter et à apprendre des autres, depuis qu’elle était en classe de troisième. Mais ce n’est qu’en 2005 que le déclic est arrivé et qu'elle ait décidé à fonder un groupe, avec deux autres filles. Ce groupe a été baptisé NowMady.

Elles ont commencé à composer, mais pas grand-chose apparemment, car ce n’est qu’en 2010 qu’elles se sont réellement lancées dans les grandes productions (un peu plus sérieuses que les studios et les rendez-vous des weekends entre filles). Elles ont ainsi participé pour la toute première fois à un vrai concert qui s’intitulait « Live X-Core » à la Tranompokonolona Isotry. Ensuite, elles enchainaient les petits concerts dont au « Le Pub » à Ambohijatovo ou encore au collège de l’Alliance Française à Antsahabe

En 2012, Vaniala rejoint la formation. Elle a ensuite présenté le combo à Greg, un gars de chez Libertalia (maison de production qui permit la première tournée de The Dizzy Brains à l'étranger). Ce dernier leur a conseillé quelques améliorations pour les compositions. Ultérieurement, le groupe de rock avec seulement des guitares et de la batterie comme instrument de musique, s’est métamorphosé en groupe de rock, plutôt électronique. Mathieu les rejoint alors pour jouer du clavier.

Puis, en 2013, elles figuraient parmi les sélectionnées à participer au live organisé par la radio des jeunes (DRJ) à l’Institution Sainte-Famille, aux côtés de grands noms du rock underground comme Angaroa ou encore One, The Dizzy Brains et Load It Gun (ultérieurement devenu Load tout court).

Peu de temps après cette montée en puissance, Mialy,  leur batteur, membre fondatrice du groupe et non moins l’une des compositrices, a dû quitter la formation. Elle a tout de suite été remplacée par Miora, batteur hors pair que ce soit dans le monde de la variété, du jazz ou encore du rock.

En 2016, le groupe a rencontré Nivo Radavisa qui leur a présenté officiellement au label Libertalia. Ce label leur a offert une scène, en septembre dernier, au Kudéta.

Puis, pas plus tard que le mois de mars dernier, NowMady se trouve à la première partie du concert du groupe « The Dizzy Brains » toujours au Kudéta, sous le label de Libertalia. Lors de ce concert, Mathieu, leur claviériste, n’était pas disponible et la formation s’est vue automatiquement aidée par Silo.

Le but initial du combo actuel sera de se focaliser sur le festival Libertalia qui se déroulera les 28, 29 et 30 avril prochains. La formation sera composée de Vaniala à la basse et au backing vocals, Stéphanie à la guitare et lead vocals, Miora à la batterie et enfin Ben Kelly à la deuxième guitare. Une option clavier est encore en étude jusqu’à l’heure actuelle.

Le cinéma

Stéphanie Razakaratrimo a également une autre passion car elle était l’actrice principale du film de Ketaka Razafimisa intitulé « Her little piece of heaven ». Cette réalisatrice disait toujours que les Malgaches sont culturellement et intellectuellement hypocrites. « Jouer dans un film réalisé par Ketaka était un réel honneur. Car au départ, je ne figurais même pas dans le casting. Mais, un jour, j’étais là, avec les acteurs, durant une répétition, et le courant ne passait pas entre Ketaka et l’actrice qui devait jouer les scènes. Ketaka m’a ensuite demandé si je pouvais prendre la place de cette actrice. Mine de rien, j’ai accepté. Elle a trouvé en moi ce qu’elle n’a pas vu chez l’actrice » a-t-elle raconté

 

Des préjugés, ils y en avaient et surtout lors de la Première du film, durant les rencontres du film court, à un jour de la disparition de Ketaka. Stéphanie était avec sa mère lors de cette projection. La première réaction de sa mère fut de dire que ce n’était qu’un film et que dans un film, les scènes osées sont naturelles, afin de mieux sortir les tripes même du film.

Ultérieurement, sa mère prenait même sa défense, face aux critiques, que ce soit de la famille ou encore des proches, vis-à-vis de ce film.

Parallèlement à ses études, elle se prépare mentalement et physiquement pour une autre production. Il s’agit plutôt d’une mise en condition, car tout comme son premier film, cette nouvelle production nécessite d’être en phase tant avec l’histoire qu’avec la réalité et le vécu quotidien du personnage. « Ce n’est pas toujours chose facile de se mettre dans la peau des gens, surtout quand on parle de gens extraordinaires » a-t-elle signifié. Et elle d’ajouter que « je ne veux pas et ne vais pas vous raconter l’histoire, mais on verra et vous me jugerez ensuite, si j’ai réellement pu transmettre le message … ou pas. »

En tout cas, Stéphanie Razakaratrimo est déjà tout un personnage vraiment à part. En effet, ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre une musicienne  et chanteuse, actrice et en même temps biologiste. Histoire à suivre.

Faly Rajaonarison. 

http://www.orange.mg

Publié dans Société

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