La filière vanille en grand péril

Publié le par Alain GYRE

La filière vanille en grand péril

Publié par : APOI  2 mai 2017      

     

Dans un communiqué en date du 13 avril, le Groupement des Exportateurs de Vanille de Madagascar (GEVM) a exprimé ses inquiétudes sur l’avenir de la filière. « L’avenir de la vanille de Madagascar, un des premiers pourvoyeurs d’emploi et de devises, fleuron de son agriculture, est aujourd’hui gravement menacé » indique le groupement. La récolte précoce de la vanille et la flambée des prix sont les principales menaces évoquées. En effet, si pour la région SAVA, la date d’ouverture des marchés officiels a été fixée par les autorités pour le 20 juin, des échanges commerciaux de vanille verte ou semi-préparée ont été constatés depuis le mois de janvier. Ce phénomène se généralise dans différentes régions, car pour éviter les vols, les planteurs préfèrent cueillir de manière précoce la vanille.

Cette mauvaise pratique a des répercussions irréversibles sur la qualité de la vanille malgache. La cueillette et le traitement ont lieu alors que la vanille est encore immature. Cette situation est, de plus, aggravée par les pertes, de l’ordre de 30% de la production nationale, occasionnées par le passage du cyclone Enawo. A cela s’ajoute la flambée des prix initiée depuis deux ans. « Le kilo de la vanilline de synthèse revient à environ 10$. Celui de la vanilline naturelle d’origine malgache reviendrait  par contre à 60.000$. Sachant que le taux de vanilline moyen de la dernière production était d’à peine 1% et que les derniers lots se sont échangés à 1.750.000 Ar le kg (ce qui fait une vanille à l’export à 600$). Les chiffres avancés sont des extrapolations mais ils sont exacts » expose Georges Geeraerts, Président du GEVM.

A ce rythme, la vanille malgache sera facilement supplantée par d’autres alternatives. « L’ensemble des importateurs ne suivra pas ce niveau de prix et prépare déjà l’après Madagascar. Leurs clients envisagent d’autres pays producteurs ou pire de nouvelles formulations et reviendront très difficilement aux formules d’origine » s’inquiète le GEVM.

Face à cette situation alarmante, le GEVM interpelle l’ensemble des élus pour élaborer un plan d’action. « Il s’agit de professionnaliser et discipliner la filière en identifiant tous ses acteurs, en leur rappelant la loi, en les contrôlant et en sanctionnant les contrevenants ». C’est dans ce sens que le groupement travaille étroitement avec la Plateforme Nationale Vanille (PNV) et le Sustainable Vanille Initiative. Des démarches sont entreprises pour distribuer les carnets de planteurs et les cartes collecteurs. « C’est une première étape dans la professionnalisation de la filière » selon Georges Geeraerts.

Pour appuyer ces initiatives et pour mettre fin au cercle vicieux de la qualité médiocre et de la hausse du prix de la vanille, des mesures draconiennes de la part des autorités sont indispensables. L’Etat doit jouer son incontournable rôle de régulateur sous peine de voir disparaitre, à court terme, une filière emblématique du pays.

Santatra R.

http://www.agencepresse-oi.com/

Publié dans Economie, Vanille

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