Madagascar: l’inquiétant état des mangroves

Publié le par Alain GYRE

Madagascar: l’inquiétant état des mangroves

 

Menacée, la mangrove au sud de Tuléar. Ici, les palétuviers avec leurs racines pneumatophores et en échasses.

© RFI/Sarah Tétaud

Par RFI Publié le 01-05-2017

 

A Madagascar, il existe sept espèces de mangroves réparties inégalement sur le territoire, 98% d’entre elles se situant à l’ouest de l’île et les 2% restantes à l’est. Ces mangroves sont une niche écologique unique en faune et flore pour le pays, ainsi qu’une barrière naturelle de protection du littoral. Cependant, avec l’élévation du niveau de la mer, le bétonnage et le recul des côtes ainsi que l’érosion due à la déforestation terrestre et les événements météorologiques extrêmes, de plus en plus fréquents, la mangrove malgache a perdu 10% de sa superficie en 40 ans. Une diminution alarmante, d’après les spécialistes. 

 

« L’état des mangroves à Madagascar est inquiétant, en particulier autour des grandes villes de la côte ouest », souligne Jacques Iltis, biogéographe à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) avant de préciser que Majunga, Morondava et Tuléar sont les trois villes où cet écosystème est menacé.

 

« Dans ces villes, les besoins en bois sont importants et le fait que les forêts de l’ensemble régional sont soit protégées soit elles-mêmes très fortement déforestées, cela entraîne une pression sur le bois de mangrove qui est un bois de proximité et qui ne coûte pas cher. Cette pression est donc en forte augmentation », explique-t-il.

 

Ces modifications sont dues essentiellement à la main de l’homme et à ses installations urbaines, mais pas uniquement.

 

« L’élément qui se surajoute à ces problématiques de pressions humaines, c’est l’impact du changement climatique. Cet impact est de plus en plus visible. Il se traduit, entre autres, par de l’érosion littorale, en particulier sur les côtes sableuses où la mangrove souvent disparaît », ajoute Jacques Iltis.

 

L’impact du changement climatique a été démontré par les chercheurs à l’échelle régionale de l’océan Indien. Il reste désormais à être précisé en ce qui concerne Madagascar. Plus positif, enfin, les recherches ont aussi montré que les mangroves peuvent être restaurées, à condition toutefois de bien choisir l’essence à replanter en fonction de la zone de restauration.

http://www.rfi.fr

Commenter cet article