Notes du passé: Le SNHA pour remplacer le contingent français

Publié le par Alain GYRE

Le SNHA pour remplacer le contingent français

11.05.2017 Notes du passé

 

Le général Gabriel Ramanantsoa, en présentant sa nouvelle équipe gouvernementale, le 27 mai 1972, déclare : « Je donnerai la priorité aux opérations qui viseront à créer des emplois nouveaux, absolument indispensables pour l’avenir de notre capital le plus précieux que représente notre si belle et généreuse jeunesse. »

Par la suite, le ministre de l’Éducation nationale et des affaires culturelles, le Dr Justin Manambelo, indique, dès le 1er juillet au cours d’une interview radiotélévisée, que « parmi les enseignants de l’assistance technique, seuls désormais seront retenus ceux qui auront fait état de bons dossiers et de diplômes valables. Je ne retiendrai pas les militaires du contingent qui enseignent à Madagascar s’ils ne sont pas diplômés ».

Pour ne plus faire appel aux militaires français et donner des postes aux jeunes Malgaches, le général Ramanantsoa signe deux décrets pris en conseil des ministres en vertu de la loi du 6 décembre 1968, laquelle porte organisation de la Défense à Madagascar et création du Service national.

L’article 10 de cette loi dit, en effet, que « l’obligation pour tous les citoyens malgaches de sexe masculin, possédant la capacité physique requise et âgés de 20 à 50 ans, de participer à la défense nationale, constitue le Service national ».

De plus, son article 14 précise que « les obligations d’activités et de réserve peuvent s’effectuer soit dans les Forces armées qui comprennent la Gendarmerie nationale, l’Armée de terre, de mer et de l’air, et le Service civique ; soit hors Forces armées (SNHA) dans des organismes publics, parapublics ou privés, concourant à la réalisation des objectifs énoncés à l’article premier ».

Les deux décrets, en date du 29 janvier 1973, portent organisation de ce SNHA afin de pouvoir donner satisfaction aux demandes émanant de certains département et, en particulier, des ministères de l’Éducation nationale, de la Justice et des Affaires sociales.

Le premier texte stipule notamment que « les personnels accomplissant leurs obligations d’activité du Service national hors Forces armées, sont appelés comme soldats auxiliaires de 2e classe, quel que soit leur titre ou leur qualification dans le civil ». L’avancement de ce personnel a lieu uniquement au choix. Le premier avancement peut intervenir tous les trois mois à compter de la date de prise de services effectifs.

« Les personnels accomplissant leurs obligations d’activité du SNHA perçoivent, à l’exclusion de toute rémunération, une indemnité mensuelle forfaitaire d’entretien. À cette indemnité s’ajoutent éventuellement les prestations familiales allouées aux agents de la Fonction publique. » À préciser que le montant des indemnités est pris en charge par les ministères, administrations ou organismes employeurs.

Le général Ramarolahy, dans une interview radiodiffusée, apporte quelques précisions aux deux textes. Seuls sont appelés pour prendre la relève des enseignants militaires du contingent, les jeunes de 20 à 29 ans, titulaires d’un Certificat d’aptitude à l’enseigne­ment (CAE), le baccalauréat, la licence ou l’ingéniorat. Ceux qui n’ont jamais enseigné, recevront une formation pédagogique accélérée.

« Toutefois, le recrutement se fera de manière qu’il ne nuise pas aux études poursuivies par les étudiants dans les facultés. » C’est pourquoi un sursis d’incorporation est prévu.

Autre précision apportée : dans la mesure du possible, les appelés accomplissent leur SNHA dans leur région d’origine.

Enfin, un projet d’ordonnance est adopté en conseil des ministres le 1er février. Il porte institution d’un Service national féminin, non obligatoire au début. Il s’adresse aux jeunes filles et jeunes femmes volontaires, de 18 à 30 ans, titulaires de l’un des diplômes déjà cités et « désireuses, elles aussi, de participer à l’effort national pour le développement de l’enseignement ».

 

Texte : Pela Ravalitera – Photos : Archives personnelles

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