Le Jardin des Plantes, musée de la flore exotique

Publié le par Alain GYRE

Le Jardin des Plantes, musée de la flore exotique

03.06.2017 Notes du passé

 

Ayant entrepris de réunir des notes sur les naturalistes venus à Madagascar, trouvées au Muséum d’histoire naturelle de Paris, le Dr Henri Poisson indique, en 1943, avoir trouvé 425 dossiers plus ou moins complets. « Et ce n’est que le début. »

Le XIXe siècle est surtout marqué par les nombreuses et importantes découvertes des voyageurs-naturalistes, dont la majeure partie est préparée et formée au « Jardin du Roi », c’est-à-dire le Muséum. Beaucoup y sont jardiniers, profession qui leur permet de connaitre les végétaux exotiques et leur culture, et par là, de rendre d’excellents services dans les pays d’Outre-mer.

Au début de ce siècle, le Muséum est sous l’habile direction d’André Thouin (1747-1823) qui est alors jardinier en chef avant de devenir premier titulaire de la chaire de la Culture. C’est surtout à cette époque que les voyageurs peuvent profiter de cet enseignement. Le Muséum d’histoire naturelle de Paris occupe une place primordiale dans la recherche en pays d’Outre-mer.

Sous la restauration, Boitard, un historiographe du Jardin des Plantes, écrit : « Pas un marin de quelque importance, pas un lieutenant de frégate n’aurait cru son voyage complet, s’il n’eut pas pu en consigner quelques souvenirs au Jardin des Plantes. » C’est par eux que le patrimoine scientifique, notamment français mais aussi mondial, s’enrichit et prend une extension qui permet le développement de la France d’Outre-mer.

Selon le Dr Poisson, en effet, les résultats scientifiques obtenus par les chercheurs appointés ou bénévoles, les missionnaires, les militaires, les marins, les administrateurs et fonctionnaires  de différents services, les colons, les lettrés malgaches, les agents de compagnies commerciales ou industrielles, peuvent donner une foule énorme de travaux utiles et de trouvailles d’espèces nouvelles animales, végétales, fossiles, etc.

Toujours au début du XIXe siècle, Aubert du Petit-Thouars (1758-1831), issu d’une famille de marins célèbres, se fait aussi remarquer car il est à la fois voyageur et botaniste. Plusieurs de ses travaux sont publiés dans le Bulletin de la Société philomathique, de 1801 à 1808. On a encore de lui deux ouvrages sur les orchidées des Iles de France, Bourbon et Madagascar. Les œuvres de ce naturaliste sont devenues fort rares pour la plupart.

Jean Nicolas Bréon (1785-1864), entré à 24 ans au Muséum comme jardinier, est l’ami d’Adrien de Jussieu. Botaniste de la Marine en 1815, il se rend à Bourbon en 1816, fait plusieurs voyages à Madagascar, à l’ile Sainte-Marie et sur la côte orientale en 1824, au pays d’Anosy. Il introduit à La Réunion plus de huit cents espèces de plantes rares, parmi lesquelles la canne à sucre de Batavia, le tek, et près de soixante espèces d’arbres fruitiers. Un très bel arbre de la forêt de l’Est malgache  porte le nom de « Breonia », le « Molopan-gady ».

L’infortuné Louis Armand Chapelier- venu dans la Grande ile à 16 ans et y mourant à 28 ans à cause de l’insalubrité- laisse aussi un herbier au Muséum et des manuscrits étudiés et publiés par l’Académie malgache.

Il existe aussi une autre figure très originale. Il s’agit de Goudot. Il est tour à tour naturaliste et commerçant, et a une existence assez mouvementée. Les autochtones de Toamasina le surnomment Bibikely, allusion à sa manie de récolter des insectes. Il a des difficultés avec le gouvernement hova et se retire dans le Nord. C’est un excellent collecteur et ses notes et lettres sont des plus instructives et curieuses. En 1834, il récolte des œufs d’Aepyornis.

Mais la grande et sublime figure d’explorateurs et de savant qui domine ce siècle, est celle d’Alfred Grandidier, qui ramène en France de très nombreuses collections de haute valeur d’animaux, de roches, de plantes. Avec son ami Alphonse Milne Edwards et les savants du Muséum, il entreprend cette œuvre gigantesque que sera l’ « Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar ».

« Ce magnifique monument, jusqu’au début du XXe siècle, comprend vingt six beaux volumes de textes et d’atlas divers dont les planches sont d’une facture irréprochable. »

Par ailleurs, les Anglais, qui occupent si longtemps l’Imerina, travaillent activement à l’histoire naturelle. Les écrits du révérend Baron, de Cousins, de Sibree et les voyages d’Ellis, en témoignent par la publication de documents très importants sur de nombreux sujets parus dans des périodiques.

On ne saurait non plus oublier l’activité des voyageurs et des missionnaires Camboué, Callet, Collin, Maroger, Mondain, Venceslas Bojer et son ami Hilsenberg, Ida Pfeiffer…

 

Texte : Pela Ravalitera – Photo :  Internet

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Publié dans Histoire, Notes du passé, Flore

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