Produit de rente – Le café devient une denrée rare

Publié le par Alain GYRE

Produit de rente – Le café devient une denrée rare

14.06.2017

 

Le kilo du café atteint actuellement les 20 000 ariary. Les grossistes disent ne plus en trouver. Les zones productrices sont également en difficulté.

 

La filière en difficulté. Le café a perdu non seulement sa renommée d’antan, mais coûte cher. Il se vend au quadruple de son prix normal qui est de 5000 ariary en moyenne.

« En deux mois, le prix du kilo du café en grains est passé de 5000ariary, à 8000 ariary et maintenant à 20 000 ariary », raconte un détaillant du marché d’Anosibe. Ce prix est pratiqué dans la principale zone productrice de café « Robusta » du littoral Sud-Est. Le Robusta constitue les 95% de la production annuelle du pays et se cultive dans cette partie de la Grande île. « La  plupart des plants de café ont subi les dégâts du cyclone Enawo. La pluie, puis la trop longue période de sècheresse ont  impacté sur la qualité de la production », explique Chrétien Gilbert Ralaimitsiry, directeur régional de l’Agriculture pour Vatovavy Fitovinany. Près d’un quart des 56 000ha de zone de caféiculture seulement ont pu assurer la production. « Les sacs de café sont directement acheminés vers Fianarantsoa par voie ferrée, donc le prix est à peu près le même pour Fianarantsoa et Manakara, chef lieu de région de Vatovavy Fitovinany. Il était de 3000 ariary le kapoaka (gobelet) ramenant ainsi le prix du kilo à 12 000 ariary », précise le directeur. Les collecteurs achètent le kilo à 10 000 ariary auprès des producteurs.

Mais même avec le coût du transport vers la capitale, le premier responsable de l’agriculture de la région Vatovavy Fitovinany pense que le coût de la spéculation est trop exagéré pour atteindre 20 000 ariary.

La chute du prix sur le marché international à moins de 2000 dollars la tonne soit, une contribution de 0,2% sur le PIB du pays,  n’a pas motivé les producteurs depuis une décennie.

 

En difficulté

D’ailleurs, Madagascar est classé « petit producteur de café » avec ses 10 750 tonnes en 2007, 1 950 tonnes en 2009 et 8 800 tonnes en 2014, par rapport au  Mexique qui produit près de 400 000 tonnes annuellement. Le vieillissement des plants datant de la colonisation, le refus de nouvelles techniques culturales par les planteurs n’arrangent pas non plus la situation. La plantation ne produit que très peu, environ 1 à 2 kg par pied donnant environ un rendement de 3 à 4 tonnes à l’hectare, contre 6 à 8 kg par pied, du temps de colonisation. Depuis 1991, la détérioration est aggravée par le choix des planteurs de café, de le remplacer par du girofle ou de la vanille. « 70% de la culture de café sont rayés des habitudes de production », souligne encore Chétien G. Ralai­mitsiry. Un couple de planteurs de café raconte qu’il a opté depuis quelques années pour la culture de vanille.

« Des opérateurs de la Sava viennent directement acheter notre vanille, et c’est de l’argent sûr », explique-t-il.On annonce en revanche que la prochaine récolte sera meilleure, même si le projet de rajeunissement de plants et d’amélioration des semences ne se fructifiera que d’ici encore quelques années. Toutefois, la production caféière mondiale sera encore inférieure à la consommation cette année. Même si la tendance est plutôt moins de caféine mais plus d’arôme.

 

Mirana Ihariliva

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Publié dans Economie, Café

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