De rudes batailles pour vaincre la citadelle d’Ambatomanga

Publié le par Alain GYRE

De rudes batailles pour vaincre la citadelle d’Ambatomanga

10.07.2017 Notes du passé

 

Après l’Ouest du côté de l’Imamo, c’est vers l’Est que se tournent les regards d’Andrianampoinimerina, dans la zone limitrophe orientale, juste avant les forêts où roitelets et seigneurs réagissent de manière différente. À Fandàna, Ambohibato, Tsarahonenana…, tout se déroule sans difficulté, en principe, car tout en acceptant sa souveraineté, nombreux sont « ses nouveaux sujets » qui lui tournent le dos pour s’enfuir par crainte, sans doute, de perdre leur liberté et d’être vendus au loin.

Le roi les rappelle, apaise leurs craintes, mais rien n’y fait à son grand étonnement. Aussi quitte- t-il la contrée avant d’y envoyer des émissaires pour la débaptiser et l’appeler Imerinkasinina (Imerina hasinina) et dont les habitants seront désormais dénommés Tsiverindoha (tsy averin-doha) en mémoire de ceux qui se sont obstinés à le fuir.

Poursuivant sa conquête, Andrianampoini­merina bat facilement Antanamalaza où il installe 450 hommes pris par tiers chez les Tsimahafotsy, Tsimiamboholahy et Mandiavato, mais les premiers ne s’y acclimatent pas et rentrent chez eux. Andriamaheritsialaintany devient le chef d’Antanamalaza et s’installe à Amboatany. Anciennement menabe, il est transformé en menakely parce « qu’il est échu non par héritage, mais parce que je le veux ». À sa mort, c’est son fils Rambolamanana qui lui succède, lequel redevient ainsi menabe, tandis que ses deux autres fils, Andrianaivo et Rakaloanosy, résident à Sahafa.

Vient ensuite la conquête d’Antsahamaina. La bataille est rude et Andrianampoinimerina doit, comme à Ambohitraina, bloquer tous les points et sources d’eau utilisés par la population pour l’assoiffer et le vaincre. Il ramène de cette campagne, dit-on, le fétiche Hodibato.

Si à Antsahamaina, le roi de l’Imerina rencontre des difficultés, à Ambatomanga dans l’Amoronkay, c’est pire. Il lui faut trois campagnes pour la vaincre définitivement. C’est une citadelle entourée de profonds ravins sur trois côtés, protégée naturellement à l’Est par une montagne rocheuse, avec des remparts renforcés de raquettes et d’épines épaisses. Seul un canon aurait pu en venir à bout, mais il n’a que des fusils comme les assiégés qui s’avèrent de vigoureux combattants. Néanmoins, Andrianam­poinimerina lance des assauts successifs. En vain.

Il se retire alors pour s’attaquer au Vaki­niadiana et au Vakinampasina, à l’ouest d’Ambatomanga, qu’il soumet assez aisément à Iadiana. Il revient à Ambatomanga, installant en aval un camp fortifié. La bataille est plus rude, les pertes humaines élevées des deux côtés. Il décide de rentrer à Ambohimanga pour que ses hommes puissent se reposer, les blessés se soigner, non sans lancer une pique aux chefs de la citadelle: « Si vous voulez tuer le peuple, si vous voulez son malheur, libre à vous, je vous laisse vos munitions et vos fusils pour vous défendre, car je reviendrai. »

De retour à Ambohimanga, il lève une nouvelle armée beaucoup plus importante, scindée en deux. Le roi conduit lui-même les hommes du front à l’assaut de la citadelle et encore une fois, il faillit ne pas y arriver sans le renfort de l’arrière- garde. Quand la citadelle tombe, Andrianampoi­nimerina est en admiration devant la puissance guerrière des habitants et les laisse libres parce qu’il a besoin d’hommes de cet acabit et « qu’il reste encore des pays à conquérir puisque l’objectif est la mer. Là-bas, précise-t-il à son armée déçue et vexée, vous pourrez avoir autant d’esclaves que vous souhaitez. »

Mais sur la voie du retour, il apprend que la citadelle se rebelle et il doit rebrousser chemin pour la mater à nouveau. Puis une troisième fois, elle se révolte: Andrianampoinimerina décide de régler une fois pour toutes le problème: il y envoie les Manisotra, guerriers intrépides qui mettent fin à toute velléité d’insurrection d’Ambatomanga, désormais pacifié. Mais à la mort du grand monarque, elle s’insurge encore et Radama règle le problème, cette fois-ci pour de bon.

 

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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