Madagascar: à Maroantsetra, le goût amer de la vanille

Publié le par Alain GYRE

Madagascar: à Maroantsetra, le goût amer de la vanille

 

A raison de 500 euros le kilo de vanille de Madagascar transformée, les enjeux financiers et économiques sont colossaux.

© RIJASOLO / AFP

Par RFI Publié le 24-08-2017

 

Dans le nord-est de Madagascar, la nature, gâtée par un microclimat, fait la richesse de la région : vanille, girofle… Tout y pousse. Mais la vie dans cet éden a un prix : Maroantsetra est sans aucun doute devenue l'une des villes les plus inaccessibles de l'île. Et pour les habitants, cet isolement est devenu un véritable fardeau, qui se traduit à coup de flambées de prix récurrentes et généralisées.

 

« Le poisson, ça coûte maintenant 200 000 FMG [francs malgaches, NDLR] le kilo. Alors qu'avant, ça coûtait environ 25 000 FMG », constate un habitant de Maroantsetra. Du poisson huit fois plus cher qu'il y a deux mois ; du sucre qui augmente de 65% ; des pénuries d'essence régulières, comme ce fut le cas en début de semaine… A Maroantsetra, les habitants subissent une hausse des prix généralisée.

 

Enclavement et inflation

 

Pour Kong Rakotovelo, un habitant de la ville, plusieurs facteurs causent cette flambée des prix. Une mauvaise météo marine, d’abord, qui empêche le ravitaillement par la mer. Des routes délabrées à cause des intempéries et de l'augmentation soudaine des véhicules ces dernières années et du manque d'entretien.

 

Mais, surtout, « c'est à cause de la vanille. Les planteurs de la vanille ont beaucoup d'argent : 500, 700 millions FMG (40 000 euros). L'argent leur fait tourner la tête, et ils ne discutent plus les prix. Alors, forcément, les commerçants sont contents, et ils augmentent les prix. »

 

Un isolement géographique qui, pour ce professeur à la retraite, se répercute même sur la manière de penser des habitants. « L'isolement crée l'ignorance. Quand on est isolé, on ne peut pas sortir de Maroantsetra. Donc, on ne peut pas faire de comparaison comme ailleurs et on ne se demande pas pourquoi il y a une hausse des prix. »

 

Hausse des prix attendue en octobre

 

Difficile, dans ces conditions, de joindre les deux bouts. « Tout le monde subit les mêmes prix. Il n’y a pas un prix pour le planteur de vanille et un prix pour les autres. C'est pour tout le monde pareil », rapporte l'ancien professeur.

 

 

« Moi, en tant que retraité, ce qui me permet de vivre, c'est que j'ai un peu de surfaces cultivables de rizières et j'ai un habitat que j'ai construit du temps où je travaillais. Sinon, ce n’est pas vivable à Maroantsetra. »

 

Une situation alarmante qui ne risque pas de s'améliorer de sitôt. Début octobre, la saison du girofle devrait marquer elle aussi, une nouvelle hausse des prix.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20170824-madagascar-maroantsetra-le-gout-amer-vanille

Publié dans Economie, Vanille, Maroantsetra

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