Poème: Les trois oiseaux - Jean-Joseph RABEARIVELO

Publié le par Alain GYRE

 

Les trois oiseaux

L’oiseau de fer, l’oiseau d’acier,

          après avoir lacéré les nuages du matin

          et voulu picorer des étoiles

          au-delà du jour,

          descend comme à regret

          dans une grotte artificielle.

L’oiseau de chair, l’oiseau de plumes

          qui creuse un tunnel dans le vent

          pour parvenir jusqu’à la lune qu’il a vue en rêve

          dans les branches,

          tombe en même temps que le soir

          dans un dédale de feuillage.

          Celui qui est immatériel, lui,

          charme le gardien du crâne

          avec son chant balbutiant,

          puis ouvre des ailes résonnantes

          et va pacifier l’espace

          pour n’en revenir qu’une fois éternel.

 

Jean-Joseph RABEARIVELO

Presque-Songes 1934

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