Soeurs du silence en la tristesse - J.J. RABEARIVELO

Publié le par Alain GYRE

Soeurs du silence en la tristesse,

les fleurs qui n’ont que leur beauté

et leur solitude,

les fleurs – morceaux de coeur terrien

palpitant à l’unisson des nids –

dorment-elles ici, font-elles des rêves

sur la fin de leur destinée ?

 

Les doigts

qui ne voulaient d’elles que leur jeunesse,

les doigts se sont tous joints

dans la chaude blancheur des draps –

sauf les miens qui sont si frêles

et qui savent tant choyer

les choses délicates.

 

Mes lèvres aussi frôlent les fleurs,

les fleurs devenues plus mystérieuses,

et plus belles, et brusquement hardies.

 

Et j’entends,

mêlées à la respiration des herbes,

leurs dernières confidences.

Ah ! comme elles seraient douloureuses

sans ces parfums pacifiques, Seigneur,

qui s’évadent avec leur vie !

 

Jean-Joseph Rabearivelo

Traduit de La Nuit 1935

 

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