Coeur et Ciel d’Iarive 1 - J.J. RABEARIVELO

Publié le par Alain GYRE

 

Cœur et Ciel d’Iarive

à Robert-Jules Allain.

 

1

« Mangataka amy nao, Rasoalao,

fa zavatra mba tia’ko, lalao ko… »

T. ny A. .

 

O princesse exilée, ô reine devenue,

diane au front paré de pauvres fleurs d’automne,

la déesse des bois que le temps découronne

et la gardienne jalouse des landes nues,

 

j’ai vu ce qui restait des pieuses offrandes

promises à ton âme errante et désolée :

le sang d’un taureau pourpre à la nuque étoilée

du signe rituel et de belles guirlandes…

 

Bien que mon coeur accepte et que mon âme écoute

la voix seule des jours renégats et modernes,

veuille, veuille sortir du fond des Six Imernes

oublieuses jusqu’aux traces de ta déroute !

 

Je ne demande ni tes grands troupeaux sauvages

dispérsés aujourd’hui dans les bois désertiques,

ni le filon perdu de tes pierres magiques,

mais seulement la paix ancienne des villages !

 

Qu’en sorte pour m’emplir l’âme immémoriale

de ma terre qui meurt et de ma race éteinte,

afin que, subissant le sort et son atteinte,

en ajoutant au poids de la cendre royale,

 

ma jeunesse dernière ait pour orgueil suprême

d’avoir pur16 refleurir des tombes désolées

et d’avoir, ô mon sang, accordé ta coulée

au rythme intérieur, au chant de mon Poème !

 

JEAN-JOSEPH RABEARIVELO

VOLUMES. – XC

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