Des sites historiques autour d’Ambohidranandriana

Publié le par Alain GYRE

Des sites historiques autour d’Ambohidranandriana

04.01.2018 Notes du passé

Comme autour du Rova d e Tsinjoarivo, différents sites historiques entourent le chef-lieu de l’ancien royaume d’Anbohidranandriana. Dès la RN7, à quelques kilomètres de la ville d’Eaux, on aperçoit le massif montagneux de Vontovorona. Il comprend notamment Vontovorona proprement dit (2 054m), Itendro-nord (2 049m), Itendrosud (2 070m) et Ambohikely (1 954m). La montagne de Vontovorona figure parmi les sites conseillés aux visiteurs d’Antsirabe.

Il se situe à environ 5 km de l’ancien village seigneurial d’Ambohidranandriana.

À son pied, une pierre est levée. Elle marque le campement des Andriamasoandro lorsqu’ils sont arrivés dans la contrée, bien que le premier venu sur les lieux soit Andrianony, mais il n’a fait que passer. Jusqu’à aujourd’hui, de nombreuses personnes viennent y prier et offrir des offrandes(coq rouge, rhum, bonbons de fabrication artisanale), poussés par le besoin de se marier, d’enfanter, de faire fortune, de recouvrer la santé, etc.

Le sommet de la montagne est aménagé pour recevoir des randonneurs.

Des blocs de pierre offrent leur service pour le repos après la rude montée. De là, l’on a une admirable vue sur les quatre coins de la région, notamment sur les frontières de l’ancien État d’Ambohidranandriana. À savoir Amb o h i t s ima n o v a au Sud, Manazary à l’Ouest et Andranomanelatra-est au Nord. La limite Sud-Est se situait alors au niveau de la stèle érigée au pied de la montagne. Un autel rituel est aussi installé sur le sommet qui n’a aucun lien avec la migration des Andriamasoandro. Cependant, du fait d’un tabou qui interdit de salir les lieux, tous les randonneurs et visiteurs doivent prendre leur précaution avant d’escalader la mont a gne , en f a i s ant l eur s besoins voire en se purifiant les mains. Autre « fady » sur ces lieux sacrés, l’introduction de tout ce qui a rapport avec la viande de porc.A mbohibehivavy est aussi le nom d’une colline (1 877m) qui se trouve à Ambohidranandriana.

Nom qui vient de l’histoire légendaire d’une jeune princesse, fille du chef des Andriankazomanga qui se sont établis à Soanirariny et dans plusieurs villages proches d’Ambohidranandriana. Le chef avait deux enfants, un garçon et une fille. Pour pouvoir désigner son successeur, il leur avait demandé de gravir la colline, et le premier qui atteindra le sommet, lui succèderait. Mais la jeune femme était enceinte. Arrivée à mi-pente, elle s’est effondrée.

Aujourd’hui, Ankandemponana où elle est décédée, est un vallon recouvert d’une magnifique forêt primaire. Un bois sacré (ala masina) selon la tradition orale. Car à sa mort, la jeune femme se serait transformée en différentes essences et plantes que renferme le vallon.

Actuellement, beaucoup de plantes médicinales et six sortes d’orchidées endémiques y sont bien conservées, les habitants de la contrée n’osant pas y toucher.

Ils affirment également qu’Ankandemponana n’a jamais pu être détruit par les incendies de forêt qui ont ravagé la colline.

Toutefois, il arrive que le bois s’enflamme sans pour autant brûler. Cela annonce, soutiennent les villageois, que le régime en place va tomber. À preuve ces incendies qui n’ont pas touché la moindre branche et qui se sont produits en 1991 et 2002, années de la chute des deux régimes de l’amiral Didier Ratsiraka, et tout récemment en décembre 2008.

Tout le monde peut pénétrer dans la petite forêt, mais auparavant il faut procéder à un rituel. Il consiste à en demander l’autorisation devant l’autel installé à l’entrée du bois, où sont déposées les offrandes obligatoires: coq rouge, rhum et bonbons de fabrication artisanale. Et comme sur tous les sites rituels de la contrée, il est interdit de s’y soulager et d’y amener de la viande de porc.

Le point d’eau d’Ankafotra, en pleine forêt d’Ankafotra, est un lac artificiel créé sous la colonisation à partir d’une source intarissable située sur son rivage nord-ouest.

La source est considérée comme sacrée et de nombreuses personnes des hameaux environnants et même d’Ambatolampy viennent y puiser car son eau serait bénéfique. Du fait de son caractère particulier, la viande de porc y est tabou.

Différents poissons d’origine locale (tels les « trondro gasy ») et importés (black bass, carpes royales, Fibata, tilapia) peuplent le lac, mais ils se raréfient de plus en plus. Pas étonnant, un véritable « massacre » d’arbres clarifie la forêt et des troncs, des écorces, des branches salissent le lac. À noter que le nom d’Ankafotra vient de « hafotra » dont l’écorce sert à fabriquer des cordes.

Il est également à préciser que la forêt d’Ankafotra, qui se situe en plein milieu du district d’Antsirabe II, se trouve actuellement sous la tutelle administrative de celui d’Antsirabe I. Les paysans de la commune rurale d’Ambohidranandriana qui exploitent la terre, doivent la louer à 100 ariary par are. Et ce sont eux qui se chargent d’éteindre les feux de forêt, les habitants d’Antsirabe I résidant trop loin.

 

Pela Ravalitera

http://www.lexpressmada.com/blog/notes-du-passe/des-sites-historiques-autour-dambohidranandriana/

Publié dans Histoire, Notes du passé

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