GRENADIER - J.J. RABEARIVELO

Publié le par Alain GYRE

Arbres

à Henri de Régnier.

 

Arbres de la cité, depuis combien d’années

Nous nous parlons tout bas !

Jean Moréas.

8

 

GRENADIER

 

Fleur mauresque égarée en terre imérinienne

qui te plaisais jadis à parer des sultanes

ivres d’amour et de lune au pied des platanes,

je dirai ta tristesse au seuil des mers indiennes.

 

A la feinte de marbre et d’or d’une mosquée,

aux briques roses d’un minaret en ruines,

je vois, parmi la nuit et ses froides bruines,

s’enlacer et mourir la jeunesse étriquée

 

de tes branches qu’épouse une jeunesse vide

de maint grain rubescent au coeur d’un ciel livide

qui n’annonce pour toi nulle faveur d’avril !

 

Vaine offrande en l’honneur d’une origine obscure :

seule ta sève donatrice est encor pure,

le sol et le soleil attestant quel exil

 

JEAN-JOSEPH RABEARIVELO

VOLUMES. – LXXII

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