Le Pic-Vert et la Chouette

Publié le par Alain GYRE

 

Le Pic-Vert et la Chouette

Rakatabola sy Renimborondolo

Tiré des « Contes Antakarana » Ed. Foi et Justice

 

Un jour, parait-il, là-bas, dans le nord de notre pays, le Pic-Vert [ombrette] et la Chouette parièrent à qui ferait le meilleur nid.

En un rien de temps, le Pic-Vert termina le sien… mais en un éclair, Madame la Chouette s’y installa et ne voulut plus en partir.

Le Pic-Vert, poussa des cris, supplia, gémit :

Moi le Pic-Vert, plein de malice,  on m’a volé mon nid,

Madame la Chouette m’a piqué mon nid

Je suis le Pic-Vert, sans plus aucun nid.

Le Pic-Vert était encore fort mélancolique, quand passa le Corbeau.

« Que t’arrive-t-il, ami », lui demanda-t-il, « pourquoi ne t’es-tu pas  occupé de ta rizière et pourquoi  n’as-tu pas consolidé ta digue ? »

Le Pic-Vert, dit-on,  lui répondit en pleurant :

« Je me suis fait avoir , moi le Pic-Vert, plein de malice. Madame la Chouette s’est glissée dans mon nid et ne veut plus s’en aller. Si tu arrives à l’en déloger, je te donnerais un œuf. »

« Qu’à cela ne tienne », croassa le corbeau,« tu verras ce que tu verras, je vais m’en occuper. »

Mais dès qu’il s’approcha d’elle, Madame la Chouette roula des yeux furibonds et se mit à siffler :

Moi la Mère Chouette,

Quand je regarde le ciel, il se fracture,

Quand je regarde la terre, elle se dévaste

Ah pffffffffffffouuuuuuuuuuuuuuu

En un éclair, le Corbeau s’est enfui à tire-d’ailes, tout en croassant : « Croyez moi, croyez-moi, mieux vaut s’en aller, ceci n’est pas un jeu d’enfant !!! »

Le Pic-Vert errait comme une âme en peine, faisant vraiment pitié, quand passa Papango - l’oiseau de proie [milan]. A peine vit-il le Pic-Vert qu’il se mit à le gronder :

« Mais que fais-tu, pourquoi ne t’occupes-tu pas de ta rizière et pourquoi  n’as-tu pas consolidé ta digue ? »

Le Pic-Vert poussa un gros soupir avant de répondre :

« Je me suis fait avoir , moi le Pic-Vert, plein de malice, Madame la Chouette s’est glissée dans mon nid et ne veut plus s’en aller. Si tu arrives à l’en déloger, je te donnerais un poussin. »

Papango - l’oiseau de proie, se mit à parader de toutes ses ailes, tout en disant :

« Ce n’est que ça ? Tu vas voir, ce que tu vas voir, je vais m’en occuper. »

Mais à peine s’approcha-t-il  du nid que  Madame la Chouette écarquilla ses yeux tout en sifflant :

Moi la Mère Chouette,

Quand je regarde le ciel, il se fracture,

Quand je regarde la terre, elle se dévaste

Ah pffffffffffffouuuuuuuuuuuuuuu

Papango-l’oiseau de proie décampa aussi vite que le vent, tout en jurant : « ouh aille aille, mieux vaut s’enfuir loin, ceci n’est pas un jeu d’enfant. »

Le Pic-Vert était au bord du désespoir, ayant perdu sa maison et tous ses biens, quand passa Tsintsina le tout petit oiseau [Cisticole].

« Quel malheur t’arrive-t-il, grand-frère, lui demanda-t-il, pourquoi laisses-tu ta rizière en friche   et pourquoi  n’as-tu pas renforcé  ta digue ? »

Le Pic-Vert murmura tout en gémissant :

« Malheur à moi petit frère, je me suis fait avoir,  moi le Pic-Vert, plein de malice. Madame la Chouette s’est glissée dans mon nid et maintenant, elle boude et ne veut plus s’en aller. Aide-moi petit frère, si tu arrives à l’en déloger, je te donnerais une sauterelle. »

Fier comme tout, Tsintsina – le petit oiseau gonfla sa poitrine de toutes ses plumes et battit des ailes en chantant :

« Ne t’inquiète pas, je suis là, on verra ce qu’on verra. »

 

 Pic-Vert en resta bec ouvert de stupéfaction. Mettez-vous à sa place, ce tout petit oiseau se vantait de réussir, là où les plus grands avaient déclaré forfait ?

Mais Tsintsina-le petit oiseau semblait sûr de lui.

Sans aucune hésitation, il alla provoquer la Chouette.

« Qui es-tu toi qui oses occuper le nid de Pic-Vert ? » lui déclara-t-il avec insolence.

Madame répondit comme à son habitude :

Moi la Mère Chouette,

Quand je regarde le ciel, il se  . . . . .

Mais à peine eut-elle ouvert le bec que le petit oiseau s’y engouffra et en ressortit par son derrière et ensuite, revint dans le derrière de la Chouette et ressortit par le bec de celle-ci.

Affolée Commère la Chouette s’enfuit sans demander son reste.

Le Pic-Vert regagna son nid sans encombre, tandis que Tsintsina - le petit oiseau, se percha sur la plus haute branche en exhibant sa sauterelle.

 

C’est depuis ce jour-là que l’on dit que cela ne sert à rien d’être fort, si on n’est pas sage et intelligent.

 

Contes, contes, légendes, légendes!

Moi, je raconte, vous, vous écoutez!

 

Raconté par Michèle Rakotoson, dessiné par Patoo

https://madagasikara-namako.jimdo.com/francais/les-livres-d-enfants/11-ratakabola-sy-renimborondolo/

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article