Le riche pêcheur

Publié le par Alain GYRE

 

Le riche pêcheur

(Ilay mpanjono nanan-karena)

Un conte de la région de Mahajanga

 

Un jour, dit un conte sakalava d’Ambongo, il y avait un homme très pauvre. Pour nourrir sa famille, il pêchait à la ligne et au filet, et n’avait pour seule fortune que sa canne à pêche et sa pirogue.

On le voyait au bord de la mer dès les premières lueurs de l’aube et il ne rentrait que la nuit.

Il ne savait pas que tout au fond de la mer, dans les eaux profondes, vivait un peuple dont le roi  avait un unique enfant

Un jour, la petite fille tomba malade et le guérisseur déclara que, pour recouvrer la santé, il fallait qu’elle mange du riz.

Mais où en trouver pour la soigner ?

Un serviteur du roi accepta d’aller en rechercher. Il monta sur terre et suivit le littoral.

Le pêcheur, lui, s’il consommait habituellement du manioc, mangeait quelquefois du riz qu’il cuisait lui-même.

Le messager du roi vit ceci et  lui en demanda. Le pêcheur lui donna un reste de riz. Et avec ces grains de riz, le guérisseur soigna la petite fille. Il ne lui fallut que quatre jours pour la guérir.

Quelle ne fut la joie du roi et de son peuple! Pour célébrer cette guérison, le roi fit tuer un poulet. Eh oui, les poulets se retrouvent toujours la gorge tranchée quand ils croisent le bonheur des humains. En outre, le roi donna l’ordre d’offrir une belle récompense au pêcheur.

Et le messager repartit. A peine eut-il pris la mer qu’il vit l’hameçon du pêcheur et le saisit immédiatement. Le pêcheur le tira à lui, car il crut avoir pris un gros poisson.

Le messager suivit  l’hameçon et arriva au pêcheur à qui il dit :

« Comment vas-tu ami ? Le roi voudrait te rendre le bien que tu lui as fait. J’ai utilisé les grains de riz que tu m’as donnés pour soigner sa fille et actuellement, elle est guérie. »

Le pêcheur commença par refuser.

 Mais le messager poursuivit : « Fais en sorte que le roi ne te donne pas de l’argent. Il vaudra mieux pour toi savoir comprendre le langage de tous les êtres vivants que Dieu a créés. »

Sur ce, le messager renversa sa pirogue et il tira le pêcheur par la main et l’entraîna avec dextérité au fond de la mer.

Le roi fut tout étonné de voir que le pêcheur lui ressemblait : il avait deux yeux, deux oreilles, un nez avec deux orifices. Ce qui le différenciait un peu, c’est qu’il était un humain qui vivait sur terre et se tenait droit, alors que le peuple du fond de la mer se tenait un peu courbé avec des mains qui se balançaient au bout de leurs bras.

Le roi offrit beaucoup d’argent au pêcheur, mais celui-ci le refusa.

« Dans ce cas, veux-tu vivre au milieu de tous les êtres vivants et connaître leur langage ? » lui demanda le souverain . « Oui », répondit le pêcheur.

Il retourna dans son village. Se sentant un peu fatigué, il s’allongea et dormit un peu sous un manguier pour se reposer.

C’est à ce moment là que survinrent deux corbeaux voleurs de maïs et qui se mirent à discuter.

Notre homme allongé sous le manguier fit semblant de dormir pour pouvoir écouter plus longtemps la conversation des deux oiseaux.

Il fit semblant de ronfler en montrant toutes ses dents.

Un des corbeaux dit : « eh, tu as vu quel sommeil le tient. »

Le deuxième corbeau lui répondit :

« Je  sais que c’est un Antendrovolo, ou un humain des plus rusés de la création de Dieu. Attends, je vais me poser sur son ventre et lui gratter les yeux. »

Le pêcheur saisit le corbeau par surprise et celui-ci dit à son ami :

« Je sais que les humains aiment particulièrement l’argent. Je vais lui indiquer l’argent caché dans des cruches sous le tamarinier qui pousse au nord de son village.

Dès qu’il entendit cela, le pêcheur se mit à sourire et relâcha le corbeau. Arrivé au village, il sortit au petit matin pour aller à l’endroit indiqué à Ambodimadiro, sous le tamarinier, et y vit sept cruches remplies de pièces d’or.

Il prit trois cruches qu’il donna à sa femme. Il était un homme plein de chance et se sentit heureux d’avoir autant d’argent et en plus, de savoir le langage de tous les êtres vivants créés par Dieu.

 

Contes, contes, légendes, légendes !

Moi, je raconte et vous, vous écoutez !

(775) mr XI/14

 

Texte de Marthe Rasoa

https://madagasikara-namako.jimdo.com/francais/les-livres-d-enfants/3-mpanjono/

Publié dans Contes, Contes sur la toile

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article