Poème: LILAS - J.J. RABEARIVELO

Publié le par Alain GYRE

Arbres

à Henri de Régnier.

 

 

Arbres de la cité, depuis combien d’années

Nous nous parlons tout bas !

Jean Moréas.

 

 

7

 

LILAS

 

Ce n’est pas seulement l’annonce printanière

en cette terre où l’arbre a toujours sa verdure

et dédie à l’amour fleuri de la lumière

sa cime qui résiste à la grande froidure,

 

ni l’union au bleu rose des crépuscules

du mauve parfumé qui jaillit de ta sève,

que m’apportent, ce soir, tes primes panicules,

ô lilas où la nuit fait retentir son rêve !

 

Plus encor, la saison ranime en ma mémoire

les plaisirs que j’avais sous ta frondaison noire

à deviser avec mes amis en-allés !

 

Et suscitée, hélas ! par ta seule venue,

ma jeunesse surgit, découronnée et nue,

de ton ombre où j’entends quels appels désolés !

 

 

JEAN-JOSEPH RABEARIVELO

VOLUMES. – LXXI

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