Conte: Pourquoi on baigne dans l’eau les personnes qui sont malades ou en danger de mort

Publié le par Alain GYRE

 

Pourquoi on baigne dans l’eau les personnes qui sont malades ou en danger de mort

 

Il y a de cela, dit-on, bien longtemps, bien longtemps, un homme et une femme vivaient au ciel avec Zanahary. Celui-ci les maria et leur donna un enfant. Puis il les envoya sur terre afin qu’ils y vivent et qu’ils la peuplent de leurs descendants.

Ils s’installèrent tous les trois au bord d’une source, au milieu d’une plaine, avec les troupeaux que Zanahary leur avait donnés. Ils étaient heureux, car ils avaient en abondance tout ce qu’ils pouvaient désirer.

Un jour leur enfant tomba malade.en peu de temps la maladie fit des progrès si rapides qu’il était sur le point de mourir.

Les parents ne connaissaient aucun remède, car Zanahary, en les envoyant sur terre, ne leur en avait pas donné. Ils résolurent de lui en demander. Mais comment faire ?Le ciel était très loin, jamais ils nr pourraient y arriver. Ils s’adressèrent aux oiseaux et leur proposèrent, moyennant récompense, d’aller annoncer à Zanahary que leur enfant était bien malade. Tout d’abord ils refusèrent tous pour des raisons diverses. A la fin, le pigeon se laissa toucher par les prières des parents désespérés et il consentit à partir.

- Va, dirent les parents, va dire à Zanahary que notre enfant est très malade et qu’il nous donne des remèdes pour le sauver. Et nous promettons de construire pour toi et ta famille une petite maison qui sera encore plus haute que la nôtre.

Le pigeon partit droit vers le ciel, vola pendant longtemps et finit par arriver jusqu’à Zanahary. Il fit sa commission.

Zanahary se dépêcha de descendre en emportant des remèdes pour guérir le petit enfant.

Dès qu’il fut arrivé, il prépara une tisane, la fit boire au malade et celui-ci fut immédiatement guéri.

Avant qu’il ne s’en retournât au ciel, les parents lui demandèrent toutes sortes de remèdes. Il leur en indiqua ; remèdes pour le mal au ventre, remèdes pour le mal à la poitrine, remèdes pour le mal à la tête, à la main, au pied, remèdes pour toutes les maladies, en un mot. Puis il remonta chez lui, content d’avoir pu réparer son oubli.

Il se trouvait déjà à une distance considérable de la terre lorsque  les deux époux se dirent :

  • Nous avons oublié de demander à Zanahary l’ody aina, le remède contre la mort.
  • Ils l’appelèrent pour le lui demander.

Zanahary les entendit, mais il n’avait guère envie de redescendre sur la terre. Il leur dit :

- Faites attention, le vais le laisser tomber, vous le recevrez !

Et il laissa tomber une petite bouteille pleine d’un liquide clair. Mais le vent soufflait très fort ce jour-là ; il entraina avec lui cette bouteille. Elle tomba dans une rivière et se brisa dans la chute. Les deux époux se lamentèrent, mais Zanahary, qui les entendait, leur cria à haute voix :

- Ne vous désespérez pas ; l’ody aina n’est pas tout à fait perdu. Si quelqu’un parmi vous est évanoui, ou se trouve malade, en grand danger de mort, prenez de l’eau et servez-vous-en pour le baigner. Cela lui fera du bien.

Zanahary, ayant prononc é ces paroles, disparut.

C’est depuis cette époque que l’on jette de l’eau sur la figure et le corps des personnes qui sont malades ou évanouies. La vie revient car l’eau renferme toujours de l(ody aina.

Les deux époux, reconnaissants du service que leur avait rendu le pigeon, tinrent leur promesse et construisirent, pour lui et sa famille, une petite case posée au sommet de quatre perches très hautes. Telle fut l’origine des pigeonniers actuels.

 

 

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