Conte: Le chien et le chat

Publié le par Alain GYRE

 

Le chien et le chat

Un jour, dit-on, un chien rencontra un chat tout près d’un village. Les deux animaux se saluèrent, puis le chien dit au chat :

- D’où venez-vous, mon ami ?

- Je viens de cette vallée, mon aîné !

Le chien l’examina avec attention, se demandant s’il n’allait pas l’attaquer. Mais comme il n’avait pas d’armes pour se battre, il lui dit :

- Mon ami, vous me plaisez beaucoup et je serais heureux si vous vouliez être mon frère de sang !

Le chat répondit :

- Volontiers, et, comme vous êtes plus grand et plus fort

Que moi, vous serez mon protecteur et mon guide en toutes choses. Moi je suis petit et j’ai peine à me procurer ma nourriture. De cette façon j’aurai quelqu’un pour m’aider à trouver de quoi manger.

Les deux amis firent le serment du sang.

Quelques temps après, ils sortirent du village pour aller chercher de la nourriture.

Ils virent un manguier couvert de fruits mûrs. Le chien , qui ne pouvait grimper sur les arbres dit au chat :

- Grimpe sur l’arbre, mon cadet, moi, ton aîné, je resterai ici pour ramasser les mangues que tu feras tomber. Cela sera bien ainsi ; si tu restais à ma place, tu n’entendrais pas venir ceux qui voudraient nous les prendre et tu ne pourrais les chasser, car tu es trop petit.

- Oui, c’est vrai, je vais grimper.

Le chat fit tomber les mangues ; le chien les mangea sans bruit au fur et à mesure si bien qu’il n’en laissa pas une. Lorsque le chat fut descendu, il demanda :

- Où sont dons toutes les mangues que j’ai fait tomber, mon frère ?

- Nos femmes et nos enfants sont passés par ici, et les ont toutes emportées au village. Etes-vous satisfait de cela ou non ?

- Oh ! si on les a emportées au village, je suis très content.

Ils continuèrent leurs recherches et, au bout de peu de temps, ils trouvèrent un raphia couvert de fruits mûrs. Le chien fit encore grimper le chat sur l’arbre pour les abattre. Celui-ci en fit tomber beaucoup, mais le chien les mangea au fur et à mesure comme il avait fait pour les mangues.

Lorsqu’il n’y eut plus de fruits mûrs sur les régimes, le chat descendit et ne vit rien de tout ce qu’il avait abattu.

 - Où sont les fruits ? dit-il.

- Vous devez être aveugle, mon cadet. Vous n’avez pas vu que nos femmes et nos enfants sont encore venus pour les prendre et les emporter ?

- Alors, mon ami, rentrons vite au village car je suis à demi mort de faim.

Arrivé chez lui, le chat demanda aux femmes :

- Où sont les mangues et les fruits de raphia que vous êtes venus chercher tout à l’heure lorsque nous les abattions ?

- Nous ne sommes pas allées du tout près de vous. Vous êtes des menteurs et des gloutons. Vous avez tout mangé sans penser à nous, et voilà que vous nous accusez d’avoir emporté les mangues et les fruits de raphia !

En entendant ces mots, le chat regardanle chien qui était près de lui, puis, ayant compris, il se jeta sur lui et l’éborgna.

Lorsqu’on vit qu’ils se battaient ; les hommes accoururent et demandèrent pourquoi.

Lorsqu’ils le surent, ils frappèrent le chien qui s’enfuit en hurlant. Quant au chat, qui avait été trompé, on le fit entrer dans une case et on lui donna à manger.

C’est depuis lors, dit-on, que le chat est aimé de tout le monde et qu’il reste dans les cases. Le chien, au contraire, en est chassé et on l’appelle fandroaka, « celui que l’on chasse, que l’on éloigne de soi ».

 

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