Du « vary sosoa » et du « hena mialin-taona » jusqu’à minuit

Publié le par Alain GYRE

Du « vary sosoa » et du « hena mialin-taona » jusqu’à minuit

Notes du passé 17 mars 2018

Si la célébration du Fandroana durent trois jours, le Bain royal comme celui des sujets se déroulent le deuxième jour. Dès leur réveil à l’aube, ceux qui ont perdu, durant l’année écoulée, un proche parent, le pleurent à grands sanglots. C’est ce qu’on appelle « mamoy » ou renoncer pour toujours. Au réveil de la famille a lieu la cérémonie de la bénédiction. « l’homme le plus âgé de la maison fait les vœux les plus chaleureux pour tous ceux qui sont présents et implore la bénédiction de Dieu sur eux. » ( Rajemisa-Raolison, lire précédente Note).

Tout au long de la journée, se passe le bain purificatoire de chaque sujet chez lui. Et comme on ne peut, ce jour-là, abattre un bœuf, on ne mange que de la chair de volaille. Cela n’est, en effet, autorisé que le troisième jour après que le souverain a assisté à l’abattage d’une vache volavita. « Cet usage remonterait, dit-on, à Andrianampoinimerina : malgré la défense formelle de manger du bœuf à cette date, plusieurs avaient transgressé l’ordre en cachette. Ce voyant, le sage Andrianampoinimerina aurait autorisé la consommation de la chair de volaille en attendant celle de la viande de zébu. C’est pourquoi on donna à la volaille ainsi tuée le nom de fo tsy aritra .»

C’est le soir de ce deuxième jour où la foule procède à un second « harendrina », qu’a lieu le vrai nœud de la fête. La cérémonie se déroule dans le Rova, dans la grande salle de réception. Les Havan’Andriana, les hauts personnages du royaume et du gouvernement y assistent. Derrière un paravent, leroi ou le reine prend un bain, tandis que dans un coin de la salle, sur un âtre préparé au préalable, on attise un grand feu sur lequel sont mis à cuire du « vary soasoa » (bouillie de riz) et de la viande dite «  hena mialin-taona. »

Le bain du souverain terminé, il se montre en grand apparat devant l’assistance. « Alors, de lui aux assistants et réciproquement , fusent les formules de souhaits et de vœux tandis qu’il asperge ces derniers. » Cela fait, tous, à commencer par le roi ou la reine, mangent le riz et la viande préparés plus tôt : c’est cette viande que l’on nomme « jaka » (étrenne de nouvel an). Cette cérémonie dure jusque vers minuit.

C’est le lendemain, troisième jour de la fête, qu’a lieu l’abattage de bœufs, cérémonie présidée par le souverain ou la reine. Assis près du « vatomasina » (pierre sacrée), le souverain assiste au sacrifice d’une belle vache volavita par un robuste Tsimandoa. Auparavant, chaque groupe des castes vient lui offrir le « hasina ». dès  que le sacrifice se termine, on se précipite pour trancher le sommet de la bosse pour l’apporter au souverain qui la lèche tout en  formulant des souhaits pour lui-même : « Puissè-je voir encore tant d’années se succéder, ô Dieu-Créateur ! » C’est ce rituel qu’on appelle « misaotra omby » (sacrifier un zébu) :. Le bœuf qui en est l’objet ne doit point  avoir les os brisés, mais seulement arrachés aux articulations.

C’est après le sacrifice de la vache volavita que le commun des sujets peut abattre autant de zébus qu’il veut. Si la Fête du Fandroana prend fin ce troisième jour, les divers membres de la famille continuent de s’offrir, un mois durant, de cette viande du  « jaka », tout en s’adressant les meilleurs vœux pour l’année qui commence. A préciser que sous Ranavalona III ; la Fête du Bain se tient le 22 novembre, anniversaire de sa naissance et date de son couronnement .

 

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives oersonnelles

 

http://www.lexpressmada.com/blog/notes-du-passe/du-vary-sosoa-et-du-hena-mialin-taona-jusqua-minuit/

 

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