La ville-capitale dans la littérature française

Publié le par Alain GYRE

La ville-capitale dans la littérature française

21 mars 2018

« Cette vile lointaine aux murailles de rose que le soleil austral empourpre de ses feux… » (Pierre Carno). « Tananarive, belle entre les belles, je salue en toi une ville où le rêve et l’action se trouvent dans leurs aises, et l’une des plus heureuses réussites de la communauté humaine » (Maurice Bedel). « Tananarive vaste cité révélant par son originalité impérieuse la puissance d’une authentique civilisation et par sa grandeur, par la multiplicité des quartiers  toujours en construction une importance qu’ont déterminée toutes les conditions » (Marius-Ary Leblond).

La capitale malgache, « la plus grande ville française de l’hémisphère australe » a beaucoup inspiré de nombreux écrivains européens, frappés par les légendes, les traditions et un passé de labeur dont « elle s’enorgueillit ». avec comme devise « les Mille hommes ne meurent pas en un jour », proverbe signifiant que le nombre et l’union font la force, son blason de mai 1950 à l’occasion du lancement du vaisseau « Ville de Tananarive ».

Construite sur un ensemble de collines rocheuses très abruptes qui épouse très sensiblement la forme d’un Y orienté du sud-est au nord-ouest, « cette ville de montagne appellerait à soi de nombreux touristes si elle avait sa place au Massif Central français. »  Mais elle est dans l’hémisphère Sud, non loin du Tropique du Capricorne.

« Devant cette ville de briques rouges, aux maisons mièvres et gracieuses hérissées de faitages pointus, devant ces palais altiers, vigiles dressés d’un passé plus lointain que ne l’enseigne l’histoire », la surprise du visiteur est vive, directe, indicible.

Escaladant le roc de palier en palier se superposent les maisons, « le premier étage d’aval cache le même rez-de-chaussée d’amont ». le sentier à flanc de coteau est devenue la rue très achalandée qui monte et qui tourne en dessinant ces épingles à cheveu, ennemies des voitures. Puis bouclant la boucle, la rue revient à son point de départ. Faut-il recommencer le trajet, Il est préférable « de demander son chemin au passant, goguenard mais poli, car la politesse est la marque du tananarivien qui sait, mieux que nul autre, la courtoisie doucement souriante ».

Jean Devic, administrateur de la ville en 1952, lui, admire ceux qui ayant gréé la capitale malgache, ont su œuvrer utilement. D’abord « sa lignée de rois, d’Andrianjaka à Radama ». a la fois laboureurs et combattants, ils ont transformé de vastes marécages en rizières « opulentes, travaillées et assemblées pièce par pièce ». puis « ce prince hova Rainilaiarivony » qui a présidé, de 1865 à 1895, à la construction de la ville, aidé par les pionniers « aux noms glorieux pour nous » de Cameron et Laborde.

Ce qui suscite surtout mon admiration est qu’en ces temps là, chacun a puisé en sa propre énergie les moyens de construire palais, temples ou simples logements. « Il n’était pas de mode alors de calculer des prototypes de maisons à bon marché, le crédit et les subventions étaient inexistants… Mais tout s’édifie « bon trait » et « notre Tananarive » date de cette époque et ses « cases gaches » durent toujours pour le bien-être de la plupart de ses habitants ;

En guise de conclusion, le souhait de Jean Devic « Puisse Tananarive, consciente de la fragilité de la civilisation, toujours allier au cours de son histoire le labeur perséverant, dont ses rois et fondateur lui ont légué l’exemple, à la force qu’elle tirera de l’union de ses fils de toutes races, ainsi que l’enseigne le blason qu’elle a fait sien. »

 

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

http://www.lexpressmada.com/blog/notes-du-passe/la-ville-capitale-dans-la-litterature-francaise/

 

Publié dans Histoire, Notes du passé

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