Séquence émotion avec les soldats malgaches de la Grande Guerre

Publié le par Alain GYRE

Séquence émotion avec les soldats malgaches de la Grande Guerre

Publié le 08/11/2014

Séquence émotion avec les soldats malgaches de la Grande Guerre Des soldats de couleur dans une rue de Saint-Brisson : l’un des rares documents visuels qui témoignent de la présence malgache dans le Giennois, à la fin de la Première Guerre mondiale. © $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd; $#xd;

Pour des Poilus malgaches au repos, la guerre prend fin en bord de Loire, à Saint-Brisson et Saint-Gondon. Où plus d’une vingtaine sont morts, victimes de la grippe espagnole ou d’accidents.

Ils avaient 19, 20 ou quelques années de plus, seulement. Parlaient à peine français. Voire pas du tout. Ils avaient quitté leur île lointaine pour se battre en France, au terme d'un très long périple maritime. Revenus du front, ils ont vécu quelques mois dans le Giennois, entre l'automne 1918 et le printemps 1919. Certains sont morts ici, d'autres ont été baptisés, l'un d'eux s'est marié. Ils, se sont les soldats de deux régiments d'artillerie lourde de l'armée française (les 85 e et 96 e). Des Malgaches, lesquels ont vécu l'Armistice à Saint-Brisson-sur-Loire, Saint-Gondon ou Gien.

Éboulement route de Briare

« À Saint-Brisson, un cantonnement militaire a été installé au Coudray, ainsi qu'un parc automobile, à la Maladrerie », explique Jean Ravoyard, trésorier de la Société historique et archéologique du Giennois (Shag), auteur de recherches sur le sujet.

L'automne 1918 débute lorsque la 16 e batterie du 85 e RAL, venue du front, prend ses quartiers. Une troupe forte de huit officiers, quatorze sous-officiers et 150 canonniers. La commune vit alors à l'heure malgache. La région accueille avec curiosité ces soldats noirs venus d'ailleurs.

Des hommes particulièrement sensibles à la maladie. Plus d'une vingtaine meurent de la grippe espagnole à l'hôpital de Gien, rue Anne-de-Beaujeu. Deux décèdent à Saint-Brisson : Ramaharavo, 19 ans, et Rainivelo, 40 ans. Deux autres, dont un certain Ramasivita, décèdent lors d'un éboulement survenu dans une carrière de la route de Briare, en mars 1919, un accident relaté dans l'édition de l' Indépendant de Gien du 31 mars 1919.

Seize Malgaches se font baptiser dans le Giennois par des curés locaux et volontiers évangélisateurs. « Treize à Saint-Brisson », selon Jean Ravoyard, « trois à Saint-Gondon, le 29 octobre 1918 », dénombre Jean Garcia Del Prado, de l'association Saint-Gondon patrimoine historique. Dans ce cas précis, la marraine n'est autre que Madame Edgar Marcel, petite-fille du général Marcel, dont une rue giennoise porte le nom.

Enfin, à Saint-Brisson, un soldat malgache rencontre l'amour. Jean-Baptiste Ratzimba, né à Tannanarive, épouse Arthémise Bouitier.

« Ô Loiret ! tes habitants ont été très aimables »

Les soldats malgaches quittent Saint-Brisson et Saint-Gondon en 1919, non sans adresser un message de remerciement à la population pour son accueil, par le biais d'un article paru dans l'Avenir républicain. Le maréchal des logis Robert Milson, secrétaire du détachement malgache de Saint-Brisson, se fend d'un court poème : « Ô Loiret ! tes habitants ont été très aimables\Nous n'avons rien trouvé de semblable\Voici que la Victoire vient d'atteler son char\Et que nous allons rentrer à Madagascar. »

Quant au conseil municipal saint-brissonnais, « il s'est acharné à réclamer des indemnisations pour l'occupation des locaux, en février et mai 1919 ». Le patriotisme local avait des limites sonnantes et trébuchantes !

 

François Basley

 

https://www.larep.fr/gien/2014/11/08/sequence-emotion-avec-les-soldats-malgaches-de-la-grande-guerre_11212258.html

Publié dans Histoire

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