Conte: Angidikely

Publié le par Alain GYRE

 

Angidikely

Conte Betsimisaraka

Recueilli à Fctromby (province d'Andevoranto).

 

Une femme avait, dit-on, six fils. Lorsqu’ils furent grands, ils allèrent chercher des femmes.

Ils partirent donc chez Talanolobe et apportèrent une oie pour la manger. Arrivés à Analampira, ils dirent à Talanolobe de préparer le sakafo.

Quand les aliments furent sur le point d'être cuits, Angidikcly arriva et dit;

« Les aliments sont cuits, je veux en manger. »

Tous deux se battirent. Angidikely arracha à son adversaire les poils des aisselles et en fit une corde pour le lier.

Puis il mangea, et, une fois rassasié, il pissa dans l’eau de riz et fit ses ordures sur ce qui restait de nourriture. Enfin il s'en alla en disant :

« Camarades, vous pouvez venir manger. »

Quand les autres arrivèrent, ils demandèrent ce qui s'était passé. Talanolobe leur raconta ce qu'avait fait Angidikcly, et ils s'en retournèrent chez eux.

D’autres gens vinrent les jours fastes, mais à tous Angidikely faisait la même chose.

Les cinq premiers fils de la femme furent ainsi attachés par lui.

I.orsque ce fut au tour du dernier fils de faire cuire les aliments, il prépara une corde et attendit. Quand le riz fut cuit, Angidikely arriva et dit à Faralahy :

« Le repas est cuit, je veux le manger. »

Puis ils se battirent, et Angidikely fut vaincu.

Le dernier-né l'attacha avec la corde, puis appela ses aînés qui travaillaient, après avoir caché Angidikely sous des feuilles. Les frères, très étonnés, croyaient qu’il n’était pas venu. Ils se mirent tranquillement à manger. Cependant Angidikely étouffait sous le lamha dans lequel il était roulé, et se débattait.

« Qu'est-ce que c’est que cela? disaient les frères.

- Ce n’est rien, » répondit Faralahy.

Après le repas, il montra son prisonnier. Angidikely leur dit :

 « Vous ne pourriez pas faire une chute d'eau comme moi. »

Eux dirent : « Allons-y. »

L’un boucha la rivière avec son pied et produisit une chute.

Angidikely dit encore: o Vous ne pourriez pas faire cette chute avec de grosses pierres.

- Allons en prendre. »

Lorsque la grosse pierre fut trouvée, l’un d’eux la poussa de son pied pour barrer la rivière; et la pierre s’enfonça dans la terre et y fut écrasée.

Voilà pourquoi il y a des plaines ; celles-ci sont produites par l’écrasement des morceaux de la grosse pierre. Et, si les villages que nous voyons aujourd’hui ne sont pas détruits, c’est parce que les morceaux de la même grosse pierre ne sont pas arrivés jusque là.

 

 

Contes de Madagascar

Charles RENEL

https://archive.org/stream/contesdemadagasc01rene/contesdemadagasc01rene_djvu.txt

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