2012-02-13 Le Myre de Vilers, le négociateur français dans l'île

Publié le par Alain GYRE

Le Myre de Vilers, le négociateur français dans l'île

Charles-Marie Le Myre de Vilers né le 17 février 1833 à Vendôme, préfet d'Alger en 1869, premier gouverneur civil de la Cochinchine en mai 1879, révoqué le 10 mai 1882 est rappelé en activité trois ans plus tard par le gouverneur de Bourbon Freycinet, chargé des fonctions de résident général de France à Madagascar, poste qui vient d'être créé par le traité franco-malgache du 17 décembre 1885. Son rôle est de veiller à l'application du traité de 1885, dont l'interprétation donne lieu à de nombreuses difficultés. La première, et non la moindre, a trait à la valeur de la lettre interprétative Patrimonio-Miot sur laquelle se base le Premier ministre Rainilaiarivony et que le gouverneur français conteste.
Il doit ainsi régler de nombreuses affaires: versement de l'indemnité de 10 millions pour laquelle il réussit à faire contracter un emprunt par le gouvernement malgache auprès du Comptoir national d'escompte de Paris; délimitation du territoire de Diego-Suarez qui est réglée unilatéralement par les troupes françaises, toutes les négociations ayant échoué; affaire de l'exequatur qui a failli un moment entraîner la rupture. Il s'attelle aussi activement à la construction de la ligne télégraphique Antananarivo-Toamasina, achevée en 1888.
Homme de bon sens, Le Myre de Vilers entretient de bons rapports avec la Cour d'Antananarivo, en particulier avec le Premier ministre Rainilaiarivony pour lequel il a le plus grand estime. « Ma tâche est laborieuse car j'ai à traiter avec un homme d'une réelle valeur », écrit-il dans sa lettre du 10 juin 1886 au ministre français des Affaires étrangères. « Un homme avec une extrême habileté qui, sur une scène plus vaste, devrait être qualifié de génie... », ajoute-t-il.
Parti en congé en France en mars 1888, Le Myre de Vilers- dont l'intérim est assuré par Larrouy- revient à Madagascar en novembre. Il apporte à la reine Ranavalona III le Grand-Croix de la légion d'honneur française et reprend ses fonctions jusqu'en juillet 1889.
Comme le siège de député de la Cochinchine est devenu vacant, il décide de le briguer, est élu en décembre et réélu en 1893. Mais il revient dans la Grande île car devant l'aggravation des différends franco-malgaches, le gouvernement français voulant cependant tenter un dernier effort de conciliation, décide d'envoyer Le Myre de Vilers auprès de Rainilaiarivony. Il arrive à Antananarivo le 14 octobre. Le lendemain, il est reçu en audience par le Premier ministre auquel il fait part de la gravité de la situation, et le surlendemain, il s'entretient avec la Reine. Le 17 octobre, il remet un projet de traité préparé à Paris à Rainilaiarivony et lui donne trois jours pour lui donner une réponse.
Mais n'en recevant pas le samedi 20 octobre, il envoie un ultimatum à Rainilaiarivony tout en donnant aux Français résidant à Madagascar l'ordre de gagner la côte.
Le 22 octobre, le Premier ministre lui remet un long mémoire dans lequel sont exposés les griefs malgaches contre la France. Le 24 octobre, il lui transmet un contre-projet de traité. Son ultimatum n'ayant pas obtenu l'effet attendu, Le Myre de Vilers amène, comme il l'a dit, son pavillon le 27 octobre à 5 heures du matin et quitte Antananarivo. C'est la guerre.
De retour à Paris, Le Myre de Vilers joue un grand rôle au Parlement dans toutes les discussions relatives à Madagascar: loi d'annexion, abolition de l'esclavage, etc.

Pela Ravalitera

Lundi 13 fevrier 2012

Notes du passé

L’Express

Publié dans Notes du passé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article