2012-02-23 Des danses caractéristiques à chaque ethnie

Publié le par Alain GYRE

Des danses caractéristiques à chaque ethnie

Dans tous les pays du monde, la danse a d'abord été un moyen d'expression puis un amusement ou un art. L'état d'âme du danseur peut être humoristique tel le mime qui amuse les spectateurs; fougueux comme le guerrier aux gestes brutaux; lubrique quand il rappelle les plaisirs de la chair; sentimental, quand il évoque l'être aimé; triste, passionné, etc. ». (M.-L. Coze, 1952).
Dans notre île, chaque groupe ethnique constituant le peuple, marque une préférence très nette pour la danse qui mime des scènes de la vie quotidienne, telle « la danse des ménagères pileuses de riz », ou des animaux dans leurs évolutions coutumières, notamment les pintades, le zébu, le milan...
Ces danses revêtent parfois un caractère acrobatique. Les Bara et les Sahafatra, par exemple, miment le « papango » du haut d'une stèle de 25cm de diamètre et « font montre d'une virtuosité » peu commune en sautant sur ce perchoir et exécutant de façon très expressive les mouvements de l'oiseau et son vol plané, au-dessus des maisons en quête de nourriture. Ces mêmes Bara, anciens guerriers pillards, revivent des scènes connues d'eux seuls mais qui « se traduisent par des contorsions déchaînées ».
Les Sakalava «également aiment dans leurs danses présenter des scènes de guerre qui « rappellent les fantasia d'Afrique du nord », arme à feu comprise.
Les Makoa, dont l'implantation à Madagascar est la plus récente, dansent aussi avec frénésie, « s'aplatissant au sol, gesticulant de façon désordonnée, allant jusqu'à se rouler dans la poussière ». Mais en général, nos danses n'ont pas ce caractère africain: elles sont plutôt mimées et chantées.
Sans insister sur les « salegy », « basesa », et autres « kaoitry » et « tsapiky », on peut relever le « berida » considéré comme la danse nationale des populations du Sud. C'est un pas cadencé scandé par un refrain inlassablement répété par l'assistance. Le « redeke » est une scène d'enlèvement au cours d'un pillage que seuls les hommes dansent devant les femmes accroupies. Le « galeba » est une joute oratoire entre un homme et une femme, chacun accompagnant ses propos « de piétinements et de haussements d'épaule ».
D'origine soudanaise et introduite par les tirailleurs sénégalais, le « biby ahitra » obtient toujours un grand succès de curiosité et de divertissement: c'est une parade de danseurs entièrement revêtus de paille qui gesticulent et se contorsionnent pour amuser les spectateurs.
Les danseurs sont en général des professionnels à qui on fait appel pour les réjouissances ou les cérémonies à caractère religieux. Ils sont habituellement « chamarrés » de perles de couleur, de touffes de plumes et de poils, de coquillages, de médailles, de bijoux d'argent ou de clochettes.
Pour les Merina d'origine malaise, les danses « comme leur caractère en général » n'ont rien de commun avec celles des autres groupes ethniques. Les ambassadeurs de cet art par excellence sont les Mpilalao, « compagnies de professionnels » qui donnent des représentations rythmées. Revêtues de longues tuniques serrées par une large ceinture de soie, les manches brodées d'or et de galons, le chef couvert d'un chapeau de paille à large bord, ces troupes comportent deux groupes, chacun mené par un « parodieur ». Le rôle de celui-ci est primordial puisqu'il s'agit d'improviser une joute oratoire à base de proverbes et de « hainteny », d'arracher l'approbation du public qui écoute avec passion, et d'éviter le ridicule « en ne se laissant pas clouer le bec par l'adversaire ».
« Très orientale », cette danse parlée est accompagnée d'airs également improvisés selon le tour que prend la « conversation ».
Cela commence par un long discours de politesse émaillé de phrases fleuries. Vient ensuite le défilé de la troupe suivi par « des pas lents à caractère mystique ou religieux ». Petit à petit, l'animation gagne les danseurs « qui se contorsionnent en frappant le sol du pied et en agitant les mains ».
Les femmes qui ont commencé à frapper des mains en exécutant de la tête et des pieds des mouvements d'accompagnement, « font onduler leurs corps en jouant avec leur lamba de façon très gracieuse ». Car danseurs et danseuses ont le souci de l'esthétique de leurs attitudes et de la variété de leurs pas, de leurs figures. Du reste certains connaisseurs les jugent uniquement sur ces qualités.
Et la danse se termine sur un discours de remerciement.

Pela Ravalitera

Jeudi 23 fevrier 2012

Notes du passé

L’Express

 

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