2012-03-27 Mahajanga, une ville cosmopolite

Publié le par Alain GYRE

Mahajanga, une ville cosmopolite

 

Chip Abdallah et André Ambolahery sont les rares personnes à donner quelques indications sur la vie des Malgaches à l'enseigne de vaisseau Leopold von Jedina, commandant de la corvette autrichienne « Hergoland » de passage sur la côte occidentale malgache (« Voyages autour de l'Afrique dans les années 1873-1875 »). Il s'agit respectivement du chef de la ville basse de Mahajanga et homme de confiance du gouverneur merina de la région et du directeur de la douane.

Parlant de la population de la ville, l'Allemand cite dans son ouvrage les principaux types qu'il découvre. À commencer par les Hova (Merina) qui occupent « le premier rang aussi bien comme les maîtres du pouvoir que sous le rapport de l'intelligence ». Ils sont faciles à reconnaître comme étant d'origine malaise. On rencontre aussi quelques métis nés avec des Arabes et des Cafres, mais ils sont moins nombreux que ceux avec les Sakalava. Ils se remarquent à leur teinte couleur d'olive tandis que les autres sont couleur chocolat.

De taille moyenne, les Merina ont une chevelure noire, généralement lisse et la barbe peu fournie. Leur vêtement est très simple en général, consistant en un lamba plus ou moins riche passé par-dessus le linge de corps, sans ornement.

Les dignitaires, en revanche, ont sous le lamba des vêtements européens, des souliers et des chapeaux de paille. « Ces chapeaux font partie du corps et sont portés par la plupart des Hovas ».

De leur côté, les femmes merina ont un visage « plutôt animé par l'intelligence que beau ». Leur façon de se vêtir, bien que toujours légère, est plus en rapport avec les

« idées européennes ». Le lamba, en fonction de sa valeur plus ou moins grande, indique le rang de celle qui le porte.

En outre, elles ne semblent pas accorder beaucoup d'importance à la parure. Parfois, elles portent des boucles d'oreilles très simples, souvent des colliers ornés de médailles et de croix offertes par les missionnaires.

Par contre, chez la plupart, les cheveux d'un noir brillant sont l'objet de soins assidus, disposés « en pelotes artistement roulées ». Celles qui appartiennent à la haute société, se coiffent toutefois à la manière européenne.

Après les Merina, viennent les Sakalava qui peuplent la majeure partie de la côte occidentale. Comme à Nosy Be, ils conservent « le même aspect robuste et intelligent ». Ils s'assimilent davantage aux Merina « sous le rapport des mœurs et du costume ». Ils se livrent surtout à l'agriculture, surtout la culture du riz qui est leur richesse principale.

Leopold von Jedina cite également les Arabes et les Indiens qui sont exclusivement commerçants. Les deux races conservent et pratiquent leurs mœurs originelles. Les Arabes notamment entretiennent des relations avec l'Afrique orientale, Zanzibar et l'Arabie, avec Maskat surtout.

Le commerce des esclaves qu'ils achetaient au Mozambique, a été l'une de leurs principales sources de bénéfices. Mais depuis que l'esclavage est formellement interdit à Madagascar et depuis que des vaisseaux anglais croisent le long de rivages, ils sont obligés de changer de produits.

Quant aux Indiens, ils sont en relations avec leur pays. Aussi trouve-t-on dans leurs magasins des marchandises anglaises et indiennes.

Enfin autres groupes raciaux rencontrés à Mahajanga, quelques Africains du Mozambique (Masombika ou Makoa), des Cafres et des Comoriens.

« Autrefois, il y avait et peut-être y-a-t-il encore des esclaves remplissant le rôle de parias. Mais à présent, ils se sont soumis sous le rapport de l'habillement à la grande décision prise à ce sujet par les Hovas ».

Après Mahajanga, continuant son itinéraire en suivant la côte occidentale, le « Helgoland » arrive à Toliara. Leopold von Jedina considère la cité comme « plutôt un hameau qu'une ville, avec très peu de végétation ».

Après avoir débarqué, il constate qu'au milieu des huttes des Vezo, seuls deux grands bâtiments se remarquent, arborant le drapeau français. Ce sont des comptoirs commerciaux dépendant de la Réunion.

Plus tard, le commandant de la corvette autrichienne rencontre le « ministre » du roi Lemerizo qui offre un bœuf comme cadeau de bienvenue.

 

Pela Ravalitera

 

Mardi 27 mars 2012

L’Express

Publié dans Notes du passé

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