2012-07-02 De bonnes conditions de traitement à chaque patient

Publié le par Alain GYRE

De bonnes conditions de traitement à chaque patient

Dominée par les circonstances politiques qui ont orienté les destinées de la République malgache et les ont confiées à un gouvernement issu de la volonté de la Nation, l’année 1960 n’en est pas moins marquée par « le souci d’assurer à la population une protection sanitaire qui répond à ses besoins et qui trouve en elle-même les raisons d’étendre ses possibilités » (ministère de la Santé publique, 1961).
Les préoccupations du moment se prêtent mal, sans doute, aux grandes réalisations et à l’exécution de vastes programmes. La nécessité de modifier dans sa conception l’organisme de direction de la Santé publique s’impose, elle-même, comme la première tâche à remplir. La période de transition, mais aussi d’évolution qui marque l’année 1961, ne peut davantage en changer les aspects tant les problèmes qui intéressent la protection de la Santé publique
« défient les frontières et les institutions politiques ». Les objectifs sont d’améliorer les conditions de lutte contre les maladies sociales et les grandes endémies commencées quelques années plus tôt.
Concernant la médecine de soins, son efficacité repose sur l’action d’un personnel médical et paramédical suffisant en nombre, disposant de moyens thérapeutiques appropriés et sachant les utiliser et aussi des moyens matériels qui permettent d’assurer à chaque malade les meilleurs conditions pour être traité.
En décembre 1961, Mada­gascar dispose de deux grands hôpitaux à Antananarivo, l’hôpital général de Befelatanana et celui de Girard-et-Robic, ancien hôpital colonial pris en charge par le budget de l’Etat français. Cinq hôpitaux principaux sont établis dans chacun des autres chefs-lieux de province : Antsiranana, Fianarantsoa, Mahajanga, Toa­masina et Toliara. Il existe aussi quatre formations spécialisées : l’Hôpital des enfants à Antanana­rivo, celui psychiatrique d’Anjana­masina, le Sanatorium de Fenoarivo et le Centre de rééducation des poliomyélitiques d’Antsirabe.
À cela, il faut ajouter 26 centres médicaux situés dans chaque chef-lieu de circonscription médicale, 142 centres médicaux de moindre importance situés dans certains chefs-lieux de sous-préfectures, 254 infirmeries et postes d’accouchements, 105 dispensaires. L’ensemble présente une capacité totale de plus de
12 000 lits. L’entretien des grandes formations hospitalières est à la charge du budget de l’État, tandis que les budgets provinciaux assurent l’entretien des établissements secondaires, au besoin, avec l’aide des budgets communaux. « Mais à ce niveau, les ressources sont trop inégales pour permettre une action toujours efficace et pour maintenir la même valeur à tous échelons du dispositif ». Néanmoins, au cours des dernières années, l’ampleur des réalisations permises par le budget du Fides puis celui du Fac et du Fed ainsi que du budget général est étonnante.
Concernant les effectifs du personnel, toujours en décembre 1961, la Grande île compte 120 médecins diplômés d’Etat ou d’université et 290 diplômés de l’École d’Antananarivo ; 10 pharmaciens diplômés d’État et 11 de l’École d’Antananarivo ; 8 médecins-dentistes diplômés d’État et 20 sortant d’Antananarivo ; 26 sages-femmes d’État et 418 issues de l’École d’Antananarivo ; 71 infirmiers et infirmières diplômés d’État et 1367 diplômés de Befelatanana ; 108 infirmières-visiteuses et 52 assistants d’hygiène antipalustre.
Selon les statistiques recueil­lies (1958 à 1961) les services sanitaires atteignent un haut rendement dans leurs multiples activités : 90 301 malades hospitalisés
et 4 420 903 consultants en 1958 ; 100 962 et 4 432 400 en 1959 ;
98 097 hospitalisés et 4 398 598 consultants en 1960. Le nombre d’accouchements pratiqués dans les formations sanitaires atteignent 122 300 en 1958, 119 871 en 1959 et 120 015 en 1960. « Ces chiffres permettent aussi de juger de l’importance des moyens qui nous sont nécessaires pour le maintenir au même niveau ».
Quant aux maladies constatées et aux causes de mortalité, la première place revient toujours aux affections de l’appareil respiratoire. Les affections intestinales- y compris les diarrhées et les gastroentérites d’enfants de 4 se­maines à 2 ans- viennent en deuxième position. Enfin, pour ce qui est des affections relevant de la pathologie tropicale, « les hospitalisations qu’elles entrainent- et aussi la mortalité qu’elles provoquent dans les formations sanitaires- se situent ainsi qu’il en était dans les années précédentes, au niveau le plus bas ».

Pela Ravalitera

Lundi 02 juillet 2012

L’Express

Publié dans Notes du passé

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