2012-07-04 Le réseau routier confronté aux cyclones

Publié le par Alain GYRE

Le réseau routier confronté aux cyclones

L’organisation des communications routières commence pratiquement à partir de rien et s’étale sur plusieurs périodes : de 1895 à 1902, de 1903 à 1906, de 1907 à 1910, année à laquelle on peut considérer l’ossature des voies de communication de l’île comme terminée.
Durant la quatrième période (1910-1914), l’effort d’installer le réseau routier se poursuivra selon un plan d’urgence et dans la limite des possibilités budgétaires. Et pour la première fois, on commence à faire appel à du matériel moderne. Des rouleaux à vapeur sont mis en service et les ponts en bois progressivement remplacés par des ponts métalliques ou en béton armé.
Cependant, l’année 1912 est marquée par le passage de plusieurs cyclones et la grande violence des orages. Ils touchent principalement les régions d’Antsiranana, Nosy Be et Tolagnaro. L’année suivante, des pluies anormales provoquent des crues de l’Ikopa et de la Sisaony, rompant les digues, submergeant les routes y occasionnant d’immenses dégâts. Enfin, dès la fin de 1914, les effets de la guerre se font sentir et les matériaux se font si rares que de nombreux marchés ne trouvent plus d’adjudicataires.
En dépit de ces difficultés pourtant, les travaux se poursuivent. La « route de l’Ouest » est poussée vers Marololo, mais le climat pénible et la rareté de la main-d’œuvre en retardent l’avancement. La « route du Sud » ne cesse de prendre davantage d’importance et se voit prolongée en direction d’Ambositra. Dès 1911, un service automobile bihebdomadaire entre Antananarivo et Ambositra fonctionnera régulièrement.
La « route de Fianarantsoa à Mananjary » très utilisée est parcourue par un service automobile régulier établi en mai 1912. En 1913, un bac puissant est installé pour traverser le Mananjary à Tsaravary et la route ainsi améliorée permet le passage de véhicules de
10 tonnes. En 1914, sept ponts sont reconstruits en béton armé, mais la construction de 19 autres ne peut se faire faute d’adjudicataire.
Vers Toamasina, la circulation étant devenue moins intense depuis la mise en service du chemin de fer, il est décidé, en 1912 de ne plus réaliser de grands travaux, hormis la suppression de tous les ponts en bois. Pour la
« route du lac Alaotra », deux tendances- liaison en direct avec Toamasina et celle via Moramanga- s’affrontent toujours et ne 1913, la solution envisagée est la seconde.
Au Nord, la « route des Placers » souffre surtout du cyclone de 1912 et sa remise en état entreprise d’urgence est freinée par la pénurie de la main-d’œuvre. Toutefois, on décide en 1914 de la prolonger jusqu’à Ambilobe et de créer un embranchement vers la montagne d’Ambre.
En même temps, les routes d’intérêt secondaire se multiplient sous l’impulsion des autorités locales. Mais faute de sérieuses études, elles s’avèrent parfois « d’une utilité contestable ». D’où la création en 1911 d’une Commission permanente chargée de centraliser les rapports de fin de campagne envoyés par les chefs de province sur les travaux neufs exécutés.
En tout cas, à la fin de 1914, les voies de communication terrestres de Madagascar totalisent 1 551 km ; routes qui, certes, ne permettent en général qu’une circulation lente de véhicules assez légers, mais « elles apportent déjà, dans un pays d’économie encore rudimentaire, un élément de vie qui est loin d’être négligeable ».
La cinquième période (1914-1918) s’ouvre et se termine avec la guerre. Les répercussions du conflit provoquent de sérieuses entraves aux travaux en cours : rareté des matières premières, diminution de la main-d’œuvre, résiliation par les adjudicataires de leurs marchés et nécessité de terminer les travaux en régie. Cependant, en 1915 les travaux de route Toamasina-Melville sont adjugés et la liaison Toliara-Miary est commencée.
En 1917, la route Antsiranana-Ambilobe, longue de 137 km, s’ouvre entièrement à la circulation et un service automobile régulier la parcourt.

Pela Ravalitera

Mercredi 04 juillet 2012

L’Express

Publié dans Notes du passé

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