2012-07-19 Nampoina, des cases de ses ancêtres aux Rova

Publié le par Alain GYRE

2012-07-19 Nampoina, des cases de ses ancêtres aux Rova

Comme celui d’Antananarivo, le Rova d’Ambohi­manga comporte plusieurs palais, dont certains datent d’Andriantsimitovi­aminandriana, fils d’Andriamasi­navalona. Plus tard, son arrière-petit-fils constitue un corps de charpentiers Andriantompoko­indrindra et Andrianamboni­nolona ainsi que simples hova, qui travaillent sous la direction d’Andrianaivo­mahazo (Zaza­marolahy) ainsi que de Rabetsira et Andrianavalon­tsimahadiso (Andriamasina­valona).
Ambohimanga présente alors trois Rova et c’est dans Mahan­drinono que vit le roi, Rova dont la signification parle d’elle-même: « J’ai su attendre le pouvoir parce qu’Andriambelomasina- son grand-père maternel- a béni la terre et le royaume pour moi ; j’ai pu attendre que l’Imerina soit réuni ; je sais attendre ce qui est loin et les générations futures ne me mépriseront pas ».
Mahandrinono comprend trois palais : celui qui a donné au Rova son nom, Manjakamiadana et Tranofitaratra. Le premier est une grande case surmontée d’un oiseau d’argent entouré de lanières en argent et de quatre pièces de bois en forme de corne, incrustées aussi d’argent en leur milieu. De même, les quatre coins intérieurs de la case comporteront en leur milieu des ornements d’argent.
Tout à côté du Palais royal, est installée la Tranomasina (Maison sacrée) qui a 12 pièces : dans les quatre plus grandes, côté nord, sont cachés les souverains régnants Andriantsimitoviami­nandriana, Andriambelo­masina, Andrianam­poinimerina et Rana­valona 1ère; dans les huit plus petites côté sud, sont enfouies les mères des monar­ques, dont Rangorini­merina, Rambonitany et Rasohe­rina (grand-mère d’Andrianam­poinimerina).
Le second palais du Rova Ma­handrinono, plus petit avec une tour exiguë, est Manjaka­miadana. « Je l’appelle ainsi car je suis le seul
à régner sur l’Imerina réunifié et que la paix règne sur le royaume ». Quand il vient à Ambohimanga, Andria­nampoini­merina y installe le fétiche royal « Manjakatsiroa »
(il n’y a qu’un unique roi). Plus tard, Ranavalona 1ère y fait élever une batterie pour en agrandir la cour et c’est sous Ranavalona III qu’est construite la Maison de glaces qui tient son nom à ses
murs tout en vitres.
Dans ce Rova, se trouve aussi le Kianja, grande place sacrée où le
« ombivolavita » et le « ombimalaza » sont sacrifiés au cours des cérémonies rituelles de circoncision, de culte en l’honneur des ancêtres des souverains… Bœufs de sacrifice que l’on garde dans le « Fahimasi­na » (parc sacré) à l’ouest du Kianja.
On y découvre aussi trois lacs. Le premier, Amparihy, créé par Andrianampoinimerina est planté de roseaux et de nénuphars à fleurs jaunes, où seuls les « velon-dray aman-dreny » (aux parents vivants) peuvent puiser l’eau. Les deux autres sont l’initiative de Ranavalona 1ère à partir d’Ampa­rihy, l’un pour les femmes des réservistes Tsimahafotsy, l’autre pour les épouses du corps des
« 500 hommes ». Mais aucune n’a le droit d’y pénétrer ; l’eau est puisée par les « Andriamarofotsy » qui la passent aux « Teloreny » avant d’arriver aux chercheuses d’eau. Ranavalona les a peuplés d’alevins provenant de l’Itasy et nul ne peut s’y laver ni en boire l’eau.
Le second Rova que fait construire Andrianampoini­merina à Ambohimanga et qu’il donne à son fils Laidama, est Nanjakana (où l’on règne) qui comporte cinq cases. La première, Nanjakana, existe déjà, mais le roi la fait rénover. Au nord de la case, une esplanade de pierre constitue un excellent poste de guet. C’est là, dit-on, qu’il réfléchit avant de mener ses guerres de conquête. La seconde case, « Manambitana » est ainsi appelée car le roi estime qu’il a de la chance d’avoir la terre et le pouvoir, et que ce palais sera toujours le témoin de cette grâce qui lui vient de Dieu. La tradition raconte que tout ce Rova est incendié le jour de l’ensevelissement de Ranavalona 1ère et sa reconstruction ne se fait que sous le règne de Rasoherina qui fait de Manambitana, sa résidence.
Le troisième Rova est Bevato avec quatre cases, dont les plus ancien­nes, Mahitsielafanjaka et Manatsarakely, ont constitué les logements d’Andriantsimitovi­aminandriana et de ses 12 épouses. Ranavalona 1ère en fait recouvrir les murs de bois provenant du pays sihanaka.
À ces deux palais, Andria­nampoinimerina ajoute Tsararay, réservé à ceux de ses enfants qu’il autorise à y loger, et Bevato où il loge ses 12 femmes quand elles viennent à Ambohimanga.

Pela Ravalitera

Jeudi 19 juillet 2012

L’Express

Publié dans Notes du passé

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