2012-10-13 Pour un acheminement économique des produits

Publié le par Alain GYRE

Pour un acheminement économique des produits

Bien que la Grande île dispose de nombreux cours d’eau, bien peu sont navigables. Et encore, ils le sont sur leur cours inférieur, à l’exemple de la Betsiboka (lire précédente Note).
Toujours sur la côte Ouest, la Marovoay est un affluent navigable qui se jette dans le delta de la Betsiboka. « La rivière a l’aspect d’un canal au profil régulier, sa
largeur est constante, de 20 à
30 mètres » (Robert Raynaud). Elle draine et irrigue la plaine de Marovoay, riche en rizières.
Le port fluvial de Marovoay est à 7 km du confluent avec la Betsiboka. C’est dans ce port que s’opère le transbordement de la production rizicole de la région, amenée par pirogues et chargée sur de petits vapeurs, boutres ou goélettes à destination de Mahajanga. En moyenne, le tonnage manipulé à Marovoay est de 35 000 par an, dont 30 000 principalement de riz pour l’exportation.
Le fleuve Tsiribihina est, au point de vue de la navigation, le plus important de l’île après la Betsiboka. En 1948, un service commercial bimensuel fonctionne entre Tsimanandrafozana et Miandrivazo. Aux basses eaux, le service s’arrête à Bemena. La navigation y est facilitée par un courant de vitesse modérée, des chenaux bien indiqués, la rareté des îlots d’herbes et des troncs d’arbres. La brise de mer permet aux boutres et goélettes de remonter le fleuve par leurs propres moyens jusqu’à Androgany (à 70 km environ de la mer).
Dans son lit supérieur, le Mangoky se nomme Matsiatra. En saison sèche, de mai à octobre, il n’offre aux embarcations qu’une profondeur moyenne de 0m60. En saison des pluies, la rapidité du courant (1m3/seconde) et de nombreux troncs d’arbres en rendent la navigation difficile.
Sur la côte Est, l’Ivondro est le fleuve le plus important et se situe dans la région de Toa­masina. Il n’est navigable que sur un faible parcours. Les rapides en aval de Volombe alimentent la centrale qui produit l’électricité distribuée à Toa­masina.
L’Ivondro est le point de départ du Canal des Pangalana qui assure la liaison de Toa­masina à la route de Maha­tsara et à Antananarivo. Le fleuve Iaroka (ou Rianila) se jette dans l’océan Indien près d’Andevo­ranto. Il est formé par le conf­luent de trois grosses rivières,
à 8 km de l’embouchure, l’Iaroka, la Manambaro et la Rianila. Le Canal des Pangalana emprunte une partie du cours d’un affluent de l’Iaroka, la Rano­mainty.
Enfin, le Mangoro est le plus grand fleuve de la côte Est. Son cours inférieur est accessible en toutes saisons aux pirogues de
10 tonnes sur 17 km.
Comme il est aussi question du Canal des Pangalana, celui-ci est avant tout destiné à éviter d’abord, un acheminement onéreux des marchandises vers les ports de la côte Est ; ensuite, les frais de batelage élevés et les risques divers de mouille et d’avaries ; enfin, le stationnement prolongé des navires dans des rades exposées à toutes les tempêtes.
Des idées ont besoin d’être précisées concernant l’exploitation de cette voie de communication.
Les ports de batelage de Mananjary, Manakara et Fara­fangana deviennent, sans travaux supplémentaires, des ports du Canal. Le trafic courant de la poste, des messageries et des petits lots de marchandises ainsi que le transport des passagers peuvent être assurés par un bateau spécialement conçu. Celui-ci est prévu transporter une centaine de marchandises, 8 à 10 passagers de luxe (aménagement rappelant les wagons-lits et les wagons-salons) et une trentaine de passagers dans des conditions plus modestes.
Et comme le résume Robert Raynaud, « commencé par la Nature qui a fait une grande partie du travail, continué avec un certain succès pendant plusieurs générations, le canal des Pangalana deviendra vraisemblablement cette grande voie de communication de la côte Est voulue depuis tant d’années par tous les chefs qui ont eu en mains les destinées de ce pays ».

Pela Ravalitera

Samedi 13 octobre 2012

L’Express

Publié dans Notes du passé

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