2012-10-15 Madagascar reçoit d'illustres hôtes

Publié le par Alain GYRE

Madagascar reçoit d’illustres hôtes

Une année après les évènements de 1947, le gouvernement colonial essaie, tant par la force que par la persuasion, de réorganiser la vie nationale. Le premier fait marquant est l’arrivée de Pierre de Chevigné, député à l’Assemblée nationale, haut commissaire de la République française. Il débarque à Madagascar, le lundi 8 mars 1948 à l’aéroport d’Ivato, où le reçoivent Paul Bouteille, secrétaire général du gouvernement local et des personnalités civiles et militaires. En se dirigeant vers la capitale, « à travers les villages pavoisés », il s’arrête au lac Anosy où il dépose une gerbe de fleurs au Monu­ment aux morts. Des délégations de Mutilés et d’anciens combattants avec leurs drapeaux, assurent le service d’honneur.
À 12h20, le cortège arrive avenue de la Libération où une foule nombreuse vient saluer le représentant de la France. Salut au drapeau, exécution de l’hymne national, revue des troupes. Puis, devant la Résidence d’Ambohi­tsorohitra, une délégation d’étudiantes en robes blanches et écharpes tricolores, souhaite la bienvenue à son épouse en lui offrant des fleurs. Le jeudi 11 mars, Pierre de Chevigné tient à prendre contact avec les parlementaires, les corps constitués et les groupements sociaux qui représentent à Antananarivo « les nations étrangères, les familles spirituelles et les principaux services de l’île ». Le surlendemain à midi, le nouveau haut commissaire se rend au Monument du général Gallieni au Parc d’Ambohijatovo. Il y dépose également une gerbe de fleurs.
Quelques jours plus tard, il tient à visiter les régions particulièrement affectées par la « rébellion » et à apporter aux populations ainsi qu’à tous ceux qui, militaires et civils, participent à l’œuvre de pacification, « le réconfort et la présence du représentant de la France ». Durant ce premier trimestre 1948, la Grande île reçoit également la visite de deux illustres hôtes. À commencer par Gabriel Mauricio Teixeira, gouverneur général du Mozambique, arrivé à Ivato, le samedi 24 janvier, accompagné de sa femme et d’une suite nombreuse.
Durant leur séjour, ils visitent la capitale, s’arrêtant notamment au Musée du Palais de la Reine et aux Ateliers d’arts appliqués malgaches, puis la station thermale d’Antsirabe et enfin le barrage de Mantasoa.
Le 7 février, c’est au tour de Georges Duhamel de l’Académie française et président de l’Alli­ance française, et de son épouse d’être reçus dans la Grande île. Dès leur arrivée, ils prennent un autre avion pour Antsirabe où ils visitent les établissements thermaux, les Stations d’agriculture et d’élevage, les massifs voisins de l’Ivohitra, bref de nombreux centres d’intérêt de la ville.
Le voyage du couple Duhamel se poursuit vers le Sud, Ambo­sitra, Fianarantsoa, Fort-Dauphin, Toliara. Dans ces trois dernières villes notamment, Georges Duhamel donne de brillantes conférences en tant que
« messager de la pensée française dans le monde ». De retour dans la capitale, le 12 février, il tient une conférence de presse à la Résidence d’Ambo­hitsorohitra , développe le thème de « La France de ma vie » au cinéma Valiton (plus tard Roxy) au profit des sinistrés de la Réu­nion.
À également marqué ce premier trimestre 1948, la session extraordinaire de l’Assemblée représentative, le 14 janvier à Antsirabe. Les parlementaires sont spécialement convoqués pour étudier la situation des fonctionnaires dans la Grande île ainsi que les problèmes posés par l’application du Code du travail à Madagascar et l’établissement d’un projet d’arrêté relatif à la fixation des taux de salaire minimum des travailleurs. L’Assemblée siège en séance plénière du 18 au 21 janvier et pendant la clôture, un rapport sur les mesures à prendre en faveur du personnel des cadres généraux et spéciaux est présenté. Un mois plus tard, du 24 au 29 février, la Commission permanente parlementaire siège pour examiner « avec une attention toute spéciale l’incidence sur l’économie de la Grande île des récentes mesures monétaires et économiques prises par la Métropole ».

Pela Ravalitera

Lundi 15 octobre 2012

L’Express

Publié dans Notes du passé

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