2012-11-07 Une architecture malgache créée avec les moyens modernes

Publié le par Alain GYRE

Une architecture malgache créée avec les moyens modernes

Quand Ranava­­lona III accède au trône, Antanana­rivo ressemble à une ville européenne. Seules les voies de circulation et la voirie en
sont absentes, même si une
route carrossable va du Rova à Ambanidia. Dans la ville, à peine une centaine de maisons de bois subsistent.
Parties de la case traditionnelle de bois et de terre, les formes de l’habitat évolueront du plus simple au plus complexe. De la case de bois seront inspirés les palais et les riches demeures à étages, et de la case de terre la maison à véranda, maison qui évoluera dans le plan pour prendre la forme de T, de L, de H ou de E.
« La véranda soutenue par des pièces de bois sera quelquefois portée par des voûtes et on verra apparaître à la fin du siècle des villas à tour ou aile carrée, forme qui semble être d’inspiration française en opposition à la villa classique introduite et généralisée par Cameron » (Jean-Pierre Testa, École supérieure des Beaux-arts de Paris).
En parallèle aux nouvelles techniques de construction, on voit se développer toute une orientation de l’habitation, les vérandas sont équipées de balustrades travaillées qui peuvent être de bois découpés et tournés, de fer forgé ou de briques assemblées avec des jours.
Le début du XXe siècle est « le théâtre d’une perte de tradition et d’une perte de qualité » dans la construction individuelle à caractère artisanal. De nouveaux matériaux « mal compris et mal employés» ainsi qu’un nouveau style « tout à fait douteux » d’architecture et de construction moderne viennent « porter autant de coups » au patrimoine construit et au patrimoine culturel.
En effet, « les familles de formes et d’ornementations sont une partie intégrante d’une culture ». Elles matérialisent même un style, le style « tropical » qui vient remplacer le style malgache.
« Ces constructions de mauvais goût, parfois avec des prétentions de luxe, viennent voisiner les vieilles maisons même modestes, dégrader le site remarquable des quartiers historiques de la capitale et sont, dans la campagne et les villages des Hautes-terres, autant de douloureuses visions ».
Cependant, Jean-Pierre Testa signale que dans les années 1970, un « renversement de goût » se voit. Poussés par le besoin légitime de réaffirmer et de conserver le style malgache si précieux, les habitants de la capitale entreprennent la restauration des vieilles demeures.
« Les architectes d’aujourd’hui s’efforcent avec les techniques et les moyens modernes, de créer une nouvelle architecture malgache ».
Cette architecture, si elle se défend d’être une reproduction du passé, veut toutefois en être le prolongement plein d’innovations et de modernisme certes, mais ils sont « tout à fait compatibles » avec le patrimoine construit. Celui-ci restant remarquable et classant Antananarivo comme « l’une des villes les plus belles et les plus attachantes ».

Pela Ravalitera

Mercredi 07 novembre 2012

Publié dans Notes du passé

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