2012-11-27 les grands ravins de la vieille cité

Publié le par Alain GYRE

Les grands ravins de la vieille cité

La répartition géographique des populations merina dans la vieille ville comme dans la périphérie, est fixée par Andrianam­poinimerina. Dans l’Atsinanandrova (à l’est du Rova d’Antananarivo), on ne rencontre que les chefs claniques des Mainty et les Tandapa, tels Rainimaka, Rainivodihazo, Ratsirombaka, Rainibenjafy…, tandis qu’à Ankadinandriana, Tsimahafotsy et Tandapa se partagent le quartier. Plus tard, le prince Ramahatra en détient une partie. C’est là, dit-on, qu’on jette les vieilles hardes, nippes et détritus de toutes sortes, provenant des Palais d’Anatirova. Après la conquête française, le quartier est assaini et on y construit, entre autres, l’hôpital indigène.
Andrianampoinimerina offre Atsimon­drova (sud du Rova) à sa sœur Ralesoka (Angavokely) et à son épouse Rabasivola. Tout à côté, Ankazomasina (aux-bois-sacrés) sert à recevoir les bois de lits, trop vieux, trop usés ou ayant cessé de plaire. Mais ils restent sacrés puisqu’ayant appartenu aux souverains. À Atsimondrova, il faut signaler Anteza, devenu Miadamanjaka sous Ranavalona 1ère, et Ankaditapaka, plus au sud : c’est une interruption dans le grand fossé qui entoure la cité, entre Angavokely et Ambohimitsimbina. Selon une légende, c’est à ce dernier endroit que les condamnés à mort, durant leur marche au supplice, sont rejoints suffisamment à temps pour entendre annoncer que le roi leur fait grâce « en considération du recours » présenté par son conseiller Hagamainty, « celui qui fait vivre ». D’où le nom du quartier.
En aval, Amparihindrasahala, lac créé par l’une des épouses du grand roi, où sont élevées les volailles de ce dernier. À l’ouest, en aval d’Ankadinandriana, se trouve un autre lac, Amparihimaimbo (lac nauséabond) ainsi appelé car on ne peut y puiser l’eau tellement elle est sale. Le lac a servi de déversoir des eaux de pluie qui entraînent des détritus.
À l’ouest du Rova, Andrefandrova revient aux Tsimahafotsy. C’est là que se tient le grand marché d’Ambonoka créé par Andrianam­poinimerina. C’est aussi là que résident des chefs de troupes royales- les 50 et 70 hommes-, tels Rafaralahimanadala rebaptisé Rakeli­hendry par Andrianampoinimerina, Rafano­harana… Mais aussi Andriankotonavalona, celui qui a perdu une jambe au cours de l’une des expéditions menées contre Antananarivo, alors qu’à la tête de ses hommes, il lance l’assaut par Ankorahotra. Pourtant, ce n’est que plus tard que son fils, Ravahotra (Ravahatra ) commence à couper le bois pour s’y installer avec sa famille.
À l’extrême-ouest du Rova, se situe le grand ravin d’Ampamarinana- de son vrai nom Tsimahatsaka, que l’on ne peut pas niveler- où, sous Andrianampoinimerina, sont jetés, ligotés, les condamnés à mort pour détention ou utilisation de « ody » puissants. Mais il est surtout tristement célèbre pour les martyrs chrétiens qui y sont précipités sous Rana­valona 1ère. Ampamarinana surplombe Ambatoborodamba, la pierre où se déchire le lamba.
Ces ravins existent depuis la vieille cité d’Analamanga, certains sous leur nom original oublié, d’autres redéfinis par Andrianam­poinimerina. Depuis cette époque, la ville s’agrandit considérablement, d’abord en direction du nord, route suivie par les souverains pour se rendre à Ambohimanga à partir d’Ambohimanoro, « là où l’on indique » ou « qui indique le chemin ». Car sous le règne de ce même roi, aucune construction ne se bâtit hors de la vieille cité, sauf à Ankadimbahoaka et Fiada­nana, avant-postes au sud de la ville, habités par les colons Tsimahafotsy ; à l’ouest, Mananjary dénommé aussi Itaosy ou Tsimana­lady occupé par les Mandiavato Vakinandria­malama ainsi que Merintsiafindra et Ambohi­tsorohitra par les Tsimiamboholahy ; au nord, Faravohitra par les Tsimahafotsy et les Mandiavato ; et à l’est, Faliarivo par les Mainty, et Ambatoroka par les Mandiavato Vakinan­driamalama.
Bientôt le monarque crée le quartier
d’Amparibe. C’est là que, désormais, il s’adresse à ses sujets pour leur faire part de ses projets d’extension de l’Imerina. C’est aussi là que se trouve le silo où est conservé le « isam-pangady », la dîme qui lui est due.

Pela Ravalitera

Mardi 27 novembre 2012

L’Express

Publié dans Notes du passé

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