2012-12-08 Des Vazimba de l'Ankaratra à Impanalina

Publié le par Alain GYRE

Des Vazimba de l’Ankaratra à Impanalina

Andrianamanali­narivo, appelé plus couramment Andriamananalina ou tout simplement Impanalina, roi du Betsileo-nord (capitale : Andrantsay-Betafo) et contemporain du grand conquérant de l’Imerina, a ses origines enracinées dans ce dernier territoire.
D’après la tradition, jadis dans la contrée, il n’y a que des Vazimba. Selon le « tetiarana » (histoire des ancêtres, légendes ou tout simplement généalogie) reconnus dans l’Ankaratra, les Rasoalao- et là on entre en pleine légende- qui sont les membres d’un clan Vazimba, se multiplient vite et se subdivisent en plusieurs branches. C’est de cette dénomination Rasoalao que découle d’ailleurs le nom de l’une de ses membres, devenue épouse du géant Rapeto.
Beaucoup plus tard, arrivent les hommes d’Anteva-le-Saint qui les attaquent alors qu’ils sont occupés à moissonner dans les rizières. Les Anteva emmènent avec eux la plupart des Rasoalao, ne laissant que quelques-uns dont le nombre ne dépassera plus jamais le chiffre 100. Certains sont lettrés, mais comme les Vazimba Rasoalao n’arrivent pas à assimiler cette connaissance, ils les transmettent aux Antanosy qui occupent l’Est de l’Ankaratra.
À cette époque, Andrianony et ses sœurs Ramanjaka et Ramanalinarivo émigrent,
dit-on, dans l’Andrantsay. Ils sont parents de la troisième épouse d’Andriamasinavalona, Ratompoindroandriana et comme elle,
viennent du triangle formé par Ambohi­mahatakatra, au sud de Mantasoa, Ambodi­nandranambo et Vatondrangy. Du temps d’Andriamasinavalona, ils s’exilent du côté de l’Ankaratra, Andrianony s’installant à Fivavahana, Ramanjaka du côté de la Mania et leur cadette se dirigeant un peu plus au Sud. Chacun y fonde famille, de même ceux qui les accompagnent.
Plus tard, d’autres migrants viennent gonfler les habitants de Fivavahana, dont la contrée prend d’abord le nom de Vakinan­karatra (qui traverse l’Ankaratra), puis quand la population occupe un territoire de plus en plus grand, la dénomination de Betsileo, due non seulement à la démographie galopante mais aussi au fait que les habitants reçoivent de nombreuses armes offertes par (ou achetées aux) les Sakalava.
Parmi les enfants de la fratrie, Andrian­tsimitoviaminandriana et Rajononitany sont les plus valeureux et se partagent le pays, le premier occupant l’Ouest, et le second l’Est (Ambohitsimihazo et Mananara). Andria­manalina est le fils d’Andriantsimitovi­aminandriana et il hérite de son père, son frère aîné étant mort jeune. Il épouse Ranavalona, originaire d’Ambohijanaka. Au moment où Andrianampoinimerina se lance dans la conquête du Sud, un parent de Ranavalona mène les négociations pour soumettre Andriamanalina. Mais l’alliance entre les Betsileo du Nord (Vakinankaratra) et les Sakalava du Sud commence pratiquement aussi à cette époque. Une des sœurs de Ranavalona, Ratsivinda convole en justes noces avec Ramasoandro qui promet son appui à Andriamanalina s’il refuse de soumettre sa province au royaume merina. À préciser que Ratsivinda est la grand-mère du roi du Menabe, Ramitraho, et donc l’aïeule de la princesse Rasalimo, épouse de Radama 1er.
Pourtant, Andriamanalina préfère se déclarer l’enfant d’Andrianampoinimerina après quelques affrontements et ainsi sauve son territoire (Manandona-sud entre Antsirabe et Ibity) sur lequel son pouvoir est maintenu ainsi que celui de ses descendants. En fait, précise la tradition, il n’a pas d’héritier direct et adopte ses neveux.
Bien avant lui, Andrianantara, troisième du nom et roitelet de Manandriana (entre le Mania et la Matsiatra) s’empresse d’offrir sa soumission au souverain merina dès que celui-ci entreprend la conquête du Vakinan­karatra. Il invite même ses homologues à en faire autant. Sa position sur son fief est ainsi renforcée.

Pela Ravalitera

Samedi 08 decembre 2012

L’Express

Publié dans Notes du passé

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